La France est "responsable des tueries" en Syrie — Assad

17 Février, 2017, 00:41 | Auteur: Lynn Cook
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Invité à commenter la fin de mandat du président français, Bachar al-Assad a rappelé qu'il ne l'avait "jamais rencontré". "Ils sont partout. Ils sont à Palmyre en ce moment et dans la partie est de la Syrie", a-t-il développé avant d'insister sur sa volonté de reprendre le contrôle sur l'intégralité du territoire syrien.

Deux mois après avoir repris la ville d'Alep, Bachar al-Assad a estimé que "l'on ne peut pas parler d'avoir gagné la guerre". "Il s'agit d'un pas important sur le chemin qui va nous conduire à battre et éliminer le terrorisme dans notre pays, mais je pense que ce sera un long chemin".

Et si pour le président syrien, les terroristes ont le "soutien de nombreux pays occidentaux", il ne manque de critiques vis-à-vis de la politique française: "La politique de la France, depuis le premier jour a consisté à soutenir les terroristes en Syrie, et est directement responsable des tueries dans notre pays". "Pourquoi ne soutient-il pas les terroristes?"

"Leur but n'était pas de faire la paix en Syrie, ils voulaient plutôt utiliser le cadre de l'ensemble du processus [de paix à Genève] pour atteindre leur but", a-t-il asséné. "Ou bien vous soutenir, ou bien ne pas le faire", a assuré Bachar Al-Assad, alors que son sort à la tête du pays sera au cœur de la réunion de Genève, qui s'ouvrira le 23 février sous l'égide de l'ONU. "Je ne l'ai pas encore vue", a confié Bachar Al-Assad au cours de cet entretien. Il a qualifié ce rapport de "honteux, infantile, qui repose sur le néant". "Ce rapport est bâti sur des allégations! Pas un seul document, pas une seule preuve", a déclaré le président syrien accusant Amnesty "d'avoir interrogé quelques témoins qui sont des opposants et des déserteurs". On passe du simple au double! Ils avaient notamment rencontré en mars 2016 le président syrien.

"Nous avons toutes les informations qu'il nous faut". "Nous ne recourons pas à la torture".

Pour lui, Daech est " une conséquence et non le problème", dénonçant par ailleurs la " diabolisation de la Syrie par les principaux médias et politiques occidentaux qui ont soutenu ces soi-disant modérés (rebelles) et qui ne réalisaient pas qu'ils supportaient la même idéologie qu'al-Qaïda et Daech". Après six ans de guerre, si ce président a un mauvais bilan auprès du peuple syrien, pourquoi le soutiendrait-il? Il est aussi interrogé sur Donald Trump, ainsi que sur les détentions, tortures et assassinats qui lui sont reprochés. "Je ne l'ai pas encore vu". "Et cela s'est déjà produit en Europe, notamment en Allemagne, et il risque de se reproduire aux États-Unis".

La question a été posée à Bachar Al-Assad: Vladimir Poutine est-il le vrai décideur en Syrie? Les Russes respectent notre souveraineté, chaque étape est franchie en coopération avec la Syrie. Sans ce soutien des Russes les choses auraient été pires. "Il a été crucial dans l'affaiblissement de Daech et Al Nosra".

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