3,2 millions de Français exposés à l'épuisement professionnel — Burn-out

17 Février, 2017, 00:40 | Auteur: Jonathan Ford
  • Un rapport parlementaire pour lutter contre le burn out

Ainsi, pour reconnaître et mieux comprendre cet état d'épuisement professionnel, plusieurs élus, en charge d'une mission parlementaire sur le sujet, ont présenté 27 propositions devant la Commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale. La reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle est inscrite dans le programme du candidat PS à la présidentielle.

Une mission parlementaire a proposé mercredi 15 février une séries de mesures pour faciliter la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle, notamment la création d'une agence nationale de la santé psychique au travail. "Les réponses qui ont été données jusqu'à aujourd'hui à cette réalité sont a minima insuffisantes voire inadéquates", selon Gérard Sebaoun, député PS du Val-d'Oise, rapporteur d'une mission d'information relative au syndrome d'épuisement professionnel.

"C'est un concept mal cerné qui ne figure dans aucune classification des troubles mentaux ou de maladies et donne lieu à toutes les approximations possibles ", explique le psychiatre Patrick Légeron, co-auteur en 2016 d'un rapport sur le sujet pour l'Académie de médecine. L'INVS, devenu Santé publique France, évaluait à 30 000 le nombre de travailleurs touchés, sur la période 2007-2012. Et c'est donc la caisse générale de l'assurance-maladie qui est chargée de prendre en charge les pathologies issues d'un burn-out au travail.

Son coût économique et social est pourtant "astronomique " pour la collectivité, rappelle la mission parlementaire. Par ailleurs, seuls des comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles peuvent statuer au cas par cas. "Cependant, un seuil de 25% de taux d'incapacité permanente est requis, un "verrou" qui "limite" le nombre de dossiers reconnus (418 en 2015), regrette Gérard Sebaoun" détaille Miroir Social. Il avait été chiffré en 2007 à entre 2 et 3 milliards par an "rien que pour le stress au travail", selon M. Sebaoun. Par conséquent, "une expérimentation de l'abaissement" à 10% de ce taux, voire "sa suppression" a été proposée. Les députés avaient validé cette disposition mais les sénateurs l'avaient refusée . Autre proposition: protéger les médecins, notamment du travail, pour qu'ils ne soient pas attaqués par les employeurs lorsqu'ils établissent un lien entre la pathologie et les conditions de travail.

Et pour cause, souligne la CFE-CGC dans un communiqué publié ce jeudi, le burn-out est "une réalité du monde du travail tant dans le privé que dans la fonction publique".

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