Enquête en France pour "tromperie aggravée"

11 Février, 2017, 00:37 | Auteur: Jonathan Ford

Le parquet de Paris a ouvert une enquête quant à de possibles envois de canards contaminés par la grippe aviaire dans plusieurs élevages du Sud-Ouest.

Alors que la grippe aviaire continue de gagner du terrain en particulier dans le Sud-Ouest, l'épidémie prend une tournure judiciaire.

Ce sont les éleveurs gersois qui ont les premiers soulevé le lièvre: au premier rang des victimes de l'épizootie aviaire depuis son apparition fin novembre, ils ont très vite soupçonné que le virus frappant leurs élevages ne tombait pas exactement du ciel. La question que vont tacher de résoudre les enquêteurs est de savoir si des lots de canards contaminés ont été envoyés à des éleveurs du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées.

Le rapport de la BNEVP, resté secret jusqu'aujourd'hui, avait alors été transmis au parquet d'Albi qui s'est ensuite dessaisi au profit du pôle de santé publique de Paris.

Le ministère de l'Agriculture avait lancé une enquête administrative après que les élevages du Gaec de la Guigneret, dans le Tarn, rattachés à la coopérative Vivadour (Gers), avaient envoyé les 30 novembre et 1er décembre deux lots de canards destinés à être gavés à des éleveurs du Gers, du Lot-et-Garonne et des Hautes-Pyrénées. La mise à jour des communes concernées par l'abattage préventif est fonction de l'évolution de la situation sanitaire.

Selon le dernier comptage du ministère de l'agriculture, au 9 février, la France comptait 227 foyers d'élevage touchés par la grippe aviaire, principalement dans le Gers (90) et les Landes (81) et 21 cas recensés dans la faune sauvage.

Après celle survenue en 2015, cette épizootie est un autre coup dur pour la région qui concentre 80 % de la production française de foie gras. Les animaux passant en effet d'une exploitation hyper spécialisée à l'autre: fermes de reproduction, couvoirs, élevages, gavages puis abattoirs et la transformation.

La Confédération paysanne " se félicite de cette décision qui va dans le sens de ce que nous affirmons depuis des mois: le système industriel, ultra-segmenté, est largement en cause dans cette crise", a réagi le syndicat dans un communiqué, le 10 février 2017.

Des producteurs et travailleurs de la filière palmipèdes ont mené des actions dans quatre départements du Sud-Ouest il y a une semaine pour exiger le versement rapide d'indemnisations pour faire face à la nouvelle épizootie.

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