Affaire Fillon. Ses avocats attaquent le parquet financier

10 Février, 2017, 01:51 | Auteur: Lynn Cook
  • François Fillon lors de sa conférence de presse du 6 février 2017

Les avocats de Penelope et François Fillon ont organisé, jeudi 9 février, une conférence de presse pour annoncer qu'ils estimaient que l'enquête ouverte par le parquet national financier (PNF) sur les soupçons d'emplois fictifs concernant le candidat à la présidentielle était "illégale" et "ne [pouvait] se poursuivre".

Après des révélations de l'hebdomadaire Le Canard enchaîné, la justice a ouvert une enquête le 25 janvier pour jauger la réalité du travail effectué pendant quinze ans par Penelope Fillon en tant qu'assistante parlementaire de son mari et de son suppléant. Par ailleurs, Mes Cornut-Gentille et Lévy portent plainte pour violation du secret de l'enquête. "Le procès n'est plus juridique, il est devenu médiatique". La gravité de ces violations nous conduisent à douter de l'impartialité d'une ou de plusieurs personnes dans cette enquête.

La défense du candidat de la droite pour l'élection présidentielle a opéré un net changement de stratégie cette semaine, s'attaquant frontalement au PNF et à la légitimité de son enquête, après avoir dans un premier temps salué la célérité des investigations. Mais, "je ne peux pas croire à l'hypothèse d'une mise en examen" de François Fillon, a indiqué Me Levy.

"Nous sommes convaincus de son innocence, à lui comme à elle, de leur innocence à tous les deux, évidemment nous ne pourrions pas considérer comme légitime une mise en examen", a-t-il déclaré. "Les époux Fillon souhaitaient s'exprimer", a expliqué Antonin Lévy.

Or, pour les avocats, "l'infraction de détournement de fonds publics ne peut être reprochée à François Fillon", car à leurs yeux ce délit n'est pas applicable à un parlementaire.

Une enquête nulle pour une infraction qui n'est pas constituée et qui ne peut s'appliquer à un parlementaire.

Autant de catégories qui ne recouvrent pas d'après eux la capacité d'élu.

"Je souhaite, pour rétablir la vérité, être reçu au parquet national financier dans les plus brefs délais".

L'enquête, elle, se poursuit. "Elles présentent toute une vision partielle et partiale de la réalité des faits", ont fait valoir les avocats de François Fillon.