Massacre fictif, fausse attaque de l'Iran: l'équipe Trump s'enmêle les pinceaux

04 Février, 2017, 00:49 | Auteur: Lynn Cook

Kellyane Conway, la porte-parole de Donald Trump à l'origine du concept d'"alternative facts" ("faits alternatifs", qualificatif pour dédouaner les mensonges du président américain) et qui avait fait couler beaucoup d'encre, a encore fait des siennes.

Invitée de MSNBC jeudi, Kellyanne Conway a déclaré: "Je suis sûre que j'apprends aux gens que le président Obama avait ordonné une interdiction d'entrée des réfugiés irakiens pendant six mois après l'arrivée de deux Irakiens radicalisés qui étaient les cerveaux du massacre de Bowling Green. La plupart des gens l'ignorent car ça n'a pas été couvert [par les médias]".

Vilains "médias corrompus". La raison pour laquelle ledit événement n'as pas été couvert?

Kellyanne Conway, conseillère à la Maison Blanche, a cité dans une interview télévisée un massacre qui n'est jamais arrivé, pour défendre le décret interdisant l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans. En 2011 sont arrêtés deux jeunes Irakiens qui, à l'époque où ils vivaient en Irak, avaient projeté un attentat contre les forces armées américaines et fabriqués des bombes.

Les internautes s'en sont bien entendu donné à cœur joie pour détourner ce nouveau "fait alternatif". Mais ils sont accusés d'avoir planifié ou contribué à l'attaque de soldats américains pour le compte d'Al-Qaida sur le sol irakien, non sur le sol américain. Les deux terroristes ont été condamnés à une peine de prison à perpétuité pour l'un et 40 ans de détention pour l'autre. L'ancienne directrice de la campagne de Donald Trump a confondu les mots "massacre" et "terroristes", comme elle s'en est défendue ce vendredi matin, après avoir été tournée en ridicule sur les réseaux sociaux. En revanche, cette décision prise par Barack Obama suit bien un fait divers qui a touché la ville de Bowling Green, mais qui n'a rien à voir avec un massacre.

"Ici sont inscrits les noms des personnes qui ont péri dans le massacre de Bowling Green". La précédente administration avait en réalité pris des mesures pour encadrer l'arrivée des réfugiés irakiens sur le sol américain, sans jamais les stopper pour autant, précisait il y a quelques jours le Washington Post.

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