Des centaines de milliers de manifestants contre la corruption — Roumanie

03 Février, 2017, 01:02 | Auteur: Lynn Cook

Les grandes villes de Cluj, Sibiu ou Timisoara se sont également mobilisées, tout comme des localités de taille plus modeste. Lui aussi en désaccord avec le gouvernement, Florin Jianu, ministre pour le Milieu des affaires, le Commerce et l'Entrepreneuriat, a annoncé jeudi sa démission.

Dans la capitale, le rassemblement s'est achevé par des incidents. Deux policiers et deux manifestants ont été légèrement blessés par des jets de pierre, rapportent les secours.

Deux gendarmes et deux manifestants ont été transportés à l'hôpital mercredi.

Le gouvernement du social-démocrate Sorin Grindeanu a dit n'avoir nulle intention de revenir sur ce décret adopté mardi soir et qui doit entrer en vigueur dans un peu plus d'une semaine, à moins qu'il ne soit jugé inconstitutionnel.

Les manifestants se rassemblent à Bucarest pour la troisième nuit consécutive, dans une mobilisation sans précédent depuis la chute du communisme en 1989, afin de dénoncer la révision du code pénal initiée par le parti social-démocrate (PSD) au pouvoir depuis un mois, après avoir remporté les législatives en décembre.

Un manifestant assis par terre après les bagarres entre les manifestants et la police à Bucarest.

La Roumanie affronte de nouvelles turbulences politiques.

"Les ambassades du Canada et des Etats-Unis, d'Allemagne, de France, des Pays-Bas et de Belgique ont réagi dans une déclaration commune, faisant part de leur " profonde préoccupation " devant un décret qui " sape", selon elles, les progrès récemment réalisés par le pays dans la lutte contre la corruption.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, est issu du parti de centre-droit PPE, alors que Frans Timmermans, son second, est le socialiste le plus haut placé de l'exécutif.

Concrètement, le texte dépénalise plusieurs infractions et rend l'abus de pouvoir passible de peines de prison uniquement s'il provoque un préjudice supérieur à 44.000 euros.

Dans ce pays pauvre de l'UE qui compte 20 millions d'habitants, le parquet anticorruption a obtenu ces dernières années la condamnation de nombreux élus et hommes d'affaires, lançant des investigations tous azimuts et s'attirant aussi des critiques sur son pouvoir supposé excessif. Il permettrait ainsi au chef du PSD, Liviu Dragnea, d'échapper au principal chef d'accusation le visant dans un procès d'emplois fictifs qui s'est ouvert mardi.

Le gouvernement a en revanche envoyé au Parlement un projet de grâce visant environ 2.500 détenus qui purgent des peines de jusqu'à cinq ans de prison, renonçant à l'adopter par décret d'urgence comme prévu initialement.

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