Quand les ouvriers d'un chantier du métro parisien travaillent gratuitement

27 Janvier, 2017, 00:48 | Auteur: Aubrey Nash
  • Les ouvriers employés illégalement n'ont pas été payés depuis des mois

32 ouvriers qui y travaillaient sont en grève.

Depuis lundi minuit, trente-deux travailleurs, principalement d'origine turque, refusent de poursuivre le chantier du métro parisien sur lequel ils ont été mobilisés par l'entreprise FH service, sous-traitant de Sogea TPI, filiale du Groupe Vinci. "Ces ouvriers sont en situation régulière en France".

Les ouvriers, "majoritairement des travailleurs turcs", n'ont pas été payés depuis 2 à 8 mois selon les cas, a expliqué à l'AFP Christian Renard, responsable de l'union syndicale de la construction CGT-Paris et délégué CGT du groupe Vinci. Ces ouvriers qui travaillent de nuit, affirment n'avoir ni contrat de travail, ni fiches de paie, ni équipements de sécurité alors qu'ils sont exposés à des produits chimiques, des poussières et de l'amiante. Lors de cette réunion, "sera également abordé le point relatif aux salaires impayés à ce jour", conclut Vinci dans cette brève déclaration.

"Ces conditions de travail sont incompréhensibles", s'insurge Patrick Liébus, le président de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb). La veille, le géant du BTP avait jugé que ces ouvriers en grève sur un chantier de rénovation du métro parisien, à la station Châtelet-Les Halles, étaient dans une "situation inacceptable", annonçant mener une "enquête interne".

La filiale du groupe, Sogea TPI, est "actuellement en contact avec l'employeur" FH Service "et ses salariés, pour trouver sans délai une solution durable à cette situation", indique aussi Vinci.

"De son côté, Vinci a assuré veiller en permanence à garantir un traitement équitable à l'ensemble des personnes présentes sur ses chantiers, qu'il s'agisse de ses salariés directs ou ceux de ses sous-traitants", et ce "sur tous ses chantiers et dans tous ses métiers, partout dans le monde". Mercredi la RATP a déclaré vouloir "porter plainte contre X pour le préjudice subi", affirmant avoir rempli "ses obligations contractuelles" vis-à-vis de Sogea. La régie a dit n'être "en aucune manière à l'origine du litige".

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