La justice réexamine le traitement "inhumain" de Breivik — Norvège

12 Janvier, 2017, 00:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Le néo-nazi norvégien Anders Behring Breivik auteur d'une tuerie qui a fait 77 morts en 2011 au tribunal de la prison de Skien le 18 mars 2016

L'extrémiste de droite norvégien a ouvert ce mardi le procès en appel sur ses conditions de détention en faisant à nouveau un salut nazi, s'attirant un rappel à l'ordre des juges.

En arrivant dans le gymnase de la prison de Skien où il est détenu, Anders Behring Breivik, le visage fermé, a adressé un ostensible salut nazi devant la presse.

L'extrémiste norvégien Anders Behring Breivik, auteur des attentats d'Oslo et sur l'île d'Utøya en 2011, était "très heureux" des victoires du camp du Brexit au Royaume-Uni et de Donald Trump à la présidentielle américaine, ressort-il d'une récente analyse de risques à son sujet, rapportée par les médias norvégiens. Dans une décision qui avait provoqué la stupeur, notamment parmi les proches des victimes, l'Etat norvégien avait en effet été condamné en première instance en avril 2016 pour traitement " inhumain " et " dégradant " de Breivik en violation de l'article 3 de la Convention européenne des Droits de l'Homme.

Breivik a été condamné à 21 ans, renouvelable indéfiniment à Oslo le 22 Juillet 2011, aprés qu' un fourgon avec une bombe a explosé et a tué huit personnes.

Comme dans le passé, son geste a immédiatement valu à Anders Behring Breivik les remontrances du tribunal. En costume sombre, le crâne rasé et la barbe touffue, Breivik s'est engagé d'une voix quasi inaudible à ne pas reproduire son geste.

Son avocat, Øystein Storrvik, estime que "l'Etat n'a pas mis en place de mesures concrètes pour remédier à la vulnérabilité mentale de Breivik et aux dommages dus à l'isolement prolongé", malgré quelques allègements tels que le remplacement de la paroi de verre par un grillage lors de ses propres visites à son client. Il avait quitté le procès en faisant un énième salut nazi avec un sourire. Les autorités contestent, elles, le fait que le terroriste soit maintenu à l'isolement total, faisant valoir ses multiples contacts avec les surveillants, le personnel médical, son avocat ou encore un pasteur luthérien.

" A bien des égards, il est incarcéré dans de meilleures conditions que d'autres prisonniers pour compenser le fait qu'il n'a pas de contacts avec les autres détenus ", a expliqué le Procureur général chargé de représenter l'Etat, Fredrik Sejersted.

En avril, la juge avait donné raison à l'Etat, qui filtre étroitement la correspondance de Breivik afin de l'empêcher de former un réseau capable de perpétrer de nouvelles attaques.

Cette instance absous la Norvège au lieu de violer l'article 8 de cette convention, le respect de la vie privée, pour le contrôle des communications auxquelles il est soumis.

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