Vincent Peillon ou quand le philosophe ne pense plus — Natacha Polony

08 Janvier, 2017, 02:30 | Auteur: Sandy Vega
  • Philippe Wojazer  Reuters                       Vincent Peillon lors de la présentation de son projet à Paris le 3 janvier 2017. REUTERS  Philippe Wojazer

Invité sur France 2 mardi soir, le candidat à la primaire de la gauche a estimé que le régime de Vichy avait instrumentalisé la laïcité afin d'imposer l'étoile jaune aux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour le candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, il s'agit d'un "dérapage odieux" et évoque "l'indignité au service du clientélisme électoral". Vincent Peillon tout comme Benoît Hamon - qui, à propos des cafés interdits aux femmes par les islamistes en Seine-Saint-Denis, a rétorqué que les " cafés sans femmes " étaient une " tradition ouvrière " - envoie des appels du pied de plus en plus grossiers à l'électorat musulman français et étranger (les étrangers sont autorisés à voter à la primaire de la gauche...).

Alors que dans le livre " Un président ne devrait pas dire ça", François Hollande avait déclaré à deux journalistes du Monde qu'il y avait " un problème avec l'islam en France", Vincent Peillon parle d'une " formule malheureuse ".

Egalement sur Twitter, l'essayiste Caroline Fourest a écrit: "Ok pour refuser l'instrumentalisation de la laïcité, mais pourquoi ce lien entre laïcité et étoile jaune?"

Celui-ci n'a pas tardé à réagir.

Bien sûr, il a "précisé sa pensée" qu'une "contraction de phrases a pu déformer". "Je n'ai évidemment pas voulu dire que c'était la laïcité qui était à l'origine de l'antisémitisme de la France de Vichy". Au journal de 20 heures de TF1, l'ancien premier ministre avait expliqué qu'il ne prendrait pas de décision " contraire au respect de la dignité humaine " pour sa réforme de système de santé, en mettant notamment en avant son catholicisme. "Elle le fait aujourd'hui avec la laïcité contre les musulmans en les confondant avec les islamistes radicaux qu'il faut eux combattre", poursuit l'ancien ministre de l'Education nationale.

"J'ai voulu dénoncer la stratégie de l'extrême droite qui utilise les mots de la République pour les détourner contre la population". "L'histoire de la déportation de plus de 75.000 juifs, de la spoliation des biens juifs ou des lois discriminatoires comme le port de l'étoile jaune ne saurait être dévoyée et instrumentalisée au nom d'un soi-disant équilibre des souffrances".

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