Tirs à l'arme lourde près d'un camp militaire de Bouaké — Côte d'Ivoire

07 Janvier, 2017, 00:22 | Auteur: Lynn Cook

"C'est une mutinerie des ex-combattants intégrés dans l'armée qui réclament des primes de 5 millions FCFA (7.600 euros), plus une maison chacun", a expliqué un officier cité par des médias. "La ville est déserte". Le communiqué de la mi-journée recommande aux militaires insurgés de retourner dans leur caserne, en vue de permettre de trouver des solutions durables.

Vendredi dans la matinée, le gouvernement a réuni un Comité national de crise, selon une source proche du ministère ivoirien de la Défense. Des informations font état d'au moins deux commissariats de police qui ont été attaqués.

Ce mouvement d'humeur a commencé vers 3h00, heure locale et Gmt avec des tirs sporadiques entendus dans la ville à la suite des poudrières qui ont été cassées et des armes emportées. Les militaires ont pris position à divers carrefours stratégiques de la ville et circulaient dans des véhicules de la police.

Vendredi soir, à Daloa, grande ville du centre-ouest, "les militaires ont regagné les casernes", a affirmé une source militaire, mettant fin aux tirs qui avaient semé la peur parmi la population.

La ville, située à 300 km environ au nord d'Abidjan, a été le siège de la rébellion nordiste déclenchée en 2002 contre l'ex-président Laurent Gbagbo. A Korhogo, un militaire joint au téléphone a indiqué que "tout (était désormais) calme".

Le gouvernement en Côte d'Ivoire est confronté à 72 heures de la grève des fonctionnaires et agents de l'Etat à des bruits de mutinerie notamment dans la ville de Bouaké, quand bien même d'autres villes ont été aussi citées comme Daloa, Korhogo, San-Pedro et Man.

En début d'après-midi, la contestation a également gagné Daoukro (centre-est), fief de l'ex-président Henri Konan Bédié et grand allié du président Ouattara.

Le quartier-maître Siaka Ouattara, porte-parole des militaires, avait alors présenté le non-paiement des "arriérés de soldes de 2009-2011 et de 2011-2014 des ex-combattants intégrés dans l'armée" comme principal motif de leur mécontentement, rejetant toute "politisation" du mouvement.

Le président Ouattara s'était engagé fin novembre 2014 à verser ces arriérés de soldes.

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