Les rebelles gèlent toute discussion en vue des pourparlers de paix — Syrie

04 Janvier, 2017, 00:58 | Auteur: Sue Barrett
  • Les milices houthies ont violé la trêve humanitaire

L'armée syrienne a de nouveau bombardé lundi la région rebelle de Wadi Barada près de Damas pour tenter de capturer des sources d'eau vitales pour la capitale.

Depuis jeudi à minuit, une cessation des hostilités est entrée en vigueur avec pour objectif la préparation des négociations de paix qui doivent se tenir à la fin de ce mois à Astana au Kazakhstan, sous l'égide de Moscou et de Téhéran, deux alliés du régime de Bachar al-Assad, et d'Ankara qui soutien les rebelles.

Malgré la trêve, le régime syrien n'a pas cessé de bombarder la banlieue de Damas, comme il le fait depuis deux semaines, et notamment la zone montagneuse de Wadi Barada tenue par des rebelles.

Mazen Bilal, analyste politique proche du régime syrien, estime lui que "cette trêve est mieux contrôlée que les précédentes qui ont été détruites par des forces armées (les forces rebelles) mal gérées", dit-il, et de souligner que "cette fois, la Turquie, partie prenante de l'accord aura une influence directe sur les rebelles". Et "en dépit des demandes répétées faites à la partie garante du régime (la Russie), ces violations se poursuivent, menaçant la vie de centaines de milliers de personnes", a dénoncé le communiqué des opposants. Les troupes du régime ont avancé lundi jusqu'aux abords d'Aïn al-Figé, importante source d'eau.

Parmi les signataires du gel des discussions liées aux pourparlers de paix figurent les groupes rebelles islamistes Jaich al-Islam et Faylaq al-Rahmane, influents à Damas, de même que le groupe Sultan Mourad, appuyé par la Turquie, et Jaich al-Ezza, actif dans la province de Hama, dans le centre du pays.

"Toute (avancée) sur le terrain va à l'encontre de l'accord (de trêve) et si les choses ne reviennent pas comme avant, l'accord sera considéré nul et non avenu", ont encore prévenu les rebelles.

Le 25 décembre, le régime avait accusé les rebelles d'avoir "contaminé au diesel" le réseau d'eau alimentant la capitale, mais ces derniers ont pointé du doigt l'incurie du pouvoir en place. "Nous appelons les parrains de la trêve à assumer leur responsabilité et à mettre la pression sur le régime et ses milices alliées pour qu'ils cessent leurs violations flagrantes de l'accord", a indiqué un communiqué publié lundi.

Dans le cas contraire, "nous appellerons toutes les factions rebelles opérant en Syrie à désavouer l'accord et à enflammer les fronts" en solidarité avec Wadi Barada, encerclée par le régime depuis la mi-2015, poursuivait leur communiqué.

Hier (lundi) encore, les forces du régime ont tiré des obus contre la Ghoute orientale.

La Russie avait obtenu samedi un soutien mitigé du Conseil de sécurité de l'Onu à son plan.

Les négociations d'Astana devaient précéder des pourparlers prévus en février à Genève, qui semblent néanmoins renvoyés aux calendes grecques.

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