La Russie sanctionnée pour espionnage et piratage électoral — USA

01 Janvier, 2017, 05:23 | Auteur: Sue Barrett
  • Barack Obama

Washington accuse notamment des pirates informatiques russes d'avoir dérobé des dizaines de milliers d'emails de responsables démocrates. Accusés d'avoir agi "de façon inconséquente au regard de leur statut diplomatique ", ils ont 72 heures pour quitter les États-Unis, a indiqué la Maison Blanche. "C'est la même atmosphère que pendant la Guerre froide", a lancé, jeudi, un commentateur politique sur la chaîne CNN.

Pour prouver sa bonne foi et sa volonté de ne pas envenimer la situation, qui est déjà bien chaude, Vladimir Poutine a invité "tous les enfants des diplomates américains" travaillant en Russie à la fête traditionnelle organisée au Kremlin pour le Nouvel An et également au Noël orthodoxe célébré le 7 janvier.

Un rapport, récemment déclassifié, donne des détails techniques sur les attaques de hackers commanditées par le régime russe.

L'Executive Order de Barack Obama détaille dans ses annexes le nom des 35 Russes expulsables sous trois jours mais leurs identités n'ont pas encore été dévoilées. Le département d'Etat américain a ordonné l'expulsion de trente-cinq diplomates de l'ambassade de Russie à Washington, et du consulat à San Francisco.

"En imposant des sanctions aux diplomates russes aux Etats-Unis, en leur niant l'accès à deux installations, nous espérons que le gouvernement russe reconsidérera ses actions, qui ont entravé les capacités et la sécurité de notre personnel d'ambassade en Russie", a déclaré le haut responsable. Parmi les autres individus faisant l'objet de réprimandes figurent Alexei Belan et Yevgeny Bogachev, qui sont deux hommes originaires de Russie qui étaient recherchés par la police fédérale américaine (FBI) depuis plusieurs années.

Jusqu'à présent, son successeur à la Maison-Blanche ne semble pas s'affoler de l'ingérence des Russes.

Ces dernières semaines, Donald Trump avait par ailleurs rejeté sans ambiguïté et à de nombreuses reprises ces accusations portées par certains services de renseignement quant à une aide supposée de la Russie dans sa victoire. Il soupçonne même les démocrates d'accuser la Russie pour délégitimer sa victoire. John McCain et Lindsey Graham, deux personnalités importantes du parti Républicain ont promis " de mener l'offensive dans le nouveau Congrès pour imposer des sanctions plus fortes".

Le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, s'est ainsi félicité des sanctions, jugeant qu'elles auraient dû l'être depuis longtemps, car Moscou "cherche constamment à nuire aux intérêts américains", a-t-il dit. Dans une conférence téléphonique avec des journalistes, des officiels ont déclaré: "Si un futur président décidait de permettre l'entrée d'un grand nombre d'agents russes, il le pourrait". Est-il besoin d'ajouter que le New York Times, qui n'est pas spécialement favorable à Donald Trump, voit dans cette manœuvre un risque énorme pour le président élu?

Le président Vladimir Poutine a créé la surprise ce vendredi en décidant de " n'expulser personne", ne répondant ainsi pas à l'expulsion par Washington de 35 agents russes, contrairement à ce que proposait son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

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