Des bus chargés de l'évacuation des habitants entrent à Alep — Syrie

19 Décembre, 2016, 00:54 | Auteur: Lynn Cook
  • Des bus chargés de l'évacuation des habitants entrent à Alep — Syrie

Le correspondant de l'AFP dans le secteur rebelle d'Alep a vu toute la journée des milliers de personnes agglutinées dans le quartier d'al-Amiriyah, d'où étaient partis jeudi des convois avant que l'opération ne soit suspendue par le régime le lendemain.

L'évacuation commencée jeudi a été interrompue parce que les forces pro-gouvernementales exigeaient que deux villages assiégés par les rebelles soient eux aussi évacués.

M. Abdel Rahmane a expliqué que le retard était dû aux divergences concernant le nombre de personnes à évacuer de ces deux villages.

Il resterait environ 40.000 civils et entre 1.500 et 5.000 combattants avec leurs familles dans le réduit rebelle, selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura.

Mais un responsable rebelle avait affirmé dimanche à des journalistes qu'un nouvel accord avait été conclu aux termes duquel la reprise des évacuations à Alep se déroulerait parallèlement à celle Foua et Kafraya.

"Les évacuations devraient reprendre samedi à Alep, en synchronisation avec le départ de Foua et de Kafraya de quelque 4.000 personnes: des blessés et leurs familles, ansi que des civils et des orphelins", a souligné M. Abdel Rahmane, précisant qu'une centaine de bus étaient prêts à quitter Alep à tout moment pour ces deux localités.

La situation humanitaire devient de plus en plus catastrophique à Alep pour les civils bloqués, dont des enfants qui passent la nuit dans les ruines des immeubles, selon le correspondant de l'AFP.

"On ne peut pas abandonner" ces "milliers de personnes, notamment des femmes, des enfants, des malades et des blessés, (qui) restent prisonniers dans l'est d'Alep dans l'attente d'une poursuite des évacuations", s'est-il alarmé. Elle pourrait être reporté à dimanche, selon un responsable rebelle.

Par la suite, 1.500 personnes supplémentaires sortiront de Foua et Kafraya parallèlement à l'évacuation du même nombre de Zabadani et de Madaya, deux villes rebelles assiégées par le régime dans la province de Damas.

Privés d'eau potable et de nourriture, les habitants épuisés et affaiblis subsistent en mangeant des dattes. Un physiothérapeute, Mahmoud Zaazaa, a confié à l'AFP qu'il ne restait plus dans la zone "que trois médecins, un pharmacien et trois infirmiers".

Après des années de bombardements et un siège de plus de quatre mois, une offensive particulièrement destructrice lancée mi-novembre a permis à l'armée syrienne et à des milices alliées de reprendre plus de 90% des quartiers que les rebelles contrôlaient à Alep depuis 2012. Ce texte, que Reuters a pu consulter samedi, vise à garantir la présence d'observateurs de l'Onu pour superviser l'évacuation de l'enclave encore tenue par les rebelles, et la protection des civils qui y vivent toujours.

Vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir pour parler d'Alep, alors que les Etats-Unis ont averti que cette cité risquait de devenir un "autre Srebrenica", ville de Bosnie où fut commis en 1995 le pire massacre en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

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