Le régime a déjà évacué plusieurs milliers d'habitants — Alep

18 Décembre, 2016, 01:18 | Auteur: Jonathan Ford

Il resterait environ 40.000 civils dans le réduit rebelle d'Alep et entre 1.500 et 5.000 combattants et leurs familles, selon l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura.

"Nous oeuvrons pour une reprise des opérations aujourd'hui".

Depuis jeudi, environ 8.500 personnes, dont 3.000 combattants, ont été évacuées vers des territoires sous contrôle rebelle, selon l'OSDH.

"Dans les quelques heures qui viennent, si les efforts ne sont pas faits, les régimes qui soutiennent Bachar al-Assad prendront la responsabilité de cette situation extrêmement grave pour les populations", a averti le président français.

Lancée jeudi, cette opération d'évacuation devait durer plusieurs jours et, une fois terminée, permettre au régime de proclamer la reprise totale de la deuxième ville de Syrie et d'enregistrer sa plus importante victoire dans le conflit qui dure depuis 2011.

Dans le quartier d'Al-Amiriyah, encore tenu en partie par les insurgés, des milliers de personnes ont passé la nuit dans les ruines des immeubles alentours dans l'attente d'une possible reprise des opérations. Privés d'eau potable et de nourriture, les habitants épuisés et affaiblis subsistent en mangeant des dattes.

L'armée syrienne a suspendu le processus en accusant les rebelles de "ne pas respecter les conditions de l'accord".

Avançant une autre raison pour la suspension de l'opération, le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, a argué du blocage par des groupes rebelles de l'évacuation des blessés des villages chiites prorégime de Foua et Kafraya dans la province voisine d'Idleb (nord-ouest), assiégés par les rebelles. Il y aura des départs de Foua et de Kafraya, ainsi que de Madaya et de Zabadani. Outre Idleb, celle-ci ne contrôle plus dans le pays que la majorité de la province méridionale de Deraa et des régions proches de Damas assiégées par le régime. Des évacuations devraient donc y avoir lieu, selon M. Abdel Rahmane.

Un responsable rebelle du groupe islamiste Ahrar al-Cham, chargé des négociations, Al-Farouk Abou Bakr, a confirmé à l'AFP qu'un accord avait été trouvé.

"La France et l'Allemagne et d'autres partenaires européens, a-t-il expliqué, travaillent en étroite coopération sur des propositions" visant à assurer "une évacuation (des civils) en toute sécurité et un accès humanitaire" à Alep.

A Alep, un convoi de plus de 800 personnes évacuées a ainsi été forcé de retourner en zone rebelle par des miliciens chiites prorégime.

Après des années de bombardements et un siège de plus de quatre mois, une offensive particulièrement destructrice lancée mi-novembre a permis à l'armée syrienne et à des milices alliées de reprendre plus de 90% des quartiers que les rebelles contrôlaient à Alep depuis 2012.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui supervise les évacuations, s'est alarmé de la situation: "On ne peut pas abandonner" ces "milliers de personnes, notamment des femmes, des enfants, des malades et des blessés, (qui) restent bloqués". Des centaines de civils ont été tués et plus de 100.000 autres -affamés et assiégés pendant quatre mois- poussés à la fuite, sans compter les immenses destructions, et ce sous les yeux d'une communauté internationale impuissante.

Faisant état de "signalements sur des exécutions de civils", le président américain Barack Obama a réclamé vendredi le déploiement d'observateurs impartiaux pour superviser les évacuations.

Paris espère un consensus autour de sa résolution sur Alep Nations unies (Etats-Unis) - La France espère un consensus, Russie comprise autour de son projet de résolution sur Alep, qu'elle va présenter vendredi au Conseil de sécurité de l'ONU, a déclaré l'ambassadeur français François Delattre.

Vidée de ses rebelles et de ses habitants, Alep-Est laisse désormais le champ libre aux soldats syriens et à leurs alliés.

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