Accord de paix difficile mais coopération économique — Japon-Russie

18 Décembre, 2016, 00:44 | Auteur: Lynn Cook

Ils devaient aborder un important volet économique et la question épineuse des îles Kouriles que se disputent les deux pays.

Ces discussions entre les deux dirigeants se déroulent avec la participation notamment de leurs chefs de la diplomatie respectifs, Fumio Kishida et Sergueï Lavrov, ainsi que du ministre du Commerce et de l'Industrie japonais Hiroshige Seko, et du numéro deux du gouvernement russe, Igor Chouvalov.

Par ailleurs, le Japon et la Russie ont décidé vendredi d'entamer des consultations sur le lancement d'activités économiques conjointes sur ces quatre petites îles du Pacifique, qui sont administrées par la Russie, mais revendiquées par le Japon. Cette exploitation commune pourrait être effectuée dans les secteurs de la pêche, du tourisme, de la culture et de la médecine, a-t-il dit, sans plus de précisions. Selon lui, Shinzo Abe a réagi "de manière positive" à cette proposition.

Début septembre, à Vladivostok (Extrême-Orient russe), M. Abe avait appelé Vladimir Poutine à ouvrir une "nouvelle époque" dans les relations bilatérales, empoisonnées par cette querelle sur quatre îles de l'archipel des Kouriles occupées en 1945 par l'Union soviétique.

Shinzô Abe a profité de ces deux jours pour annoncer lors d'une conférence de presse que des activités économiques communes seraient " une étape importante vers la conclusion du traité de paix "; un message confirmé par Vladimir Poutine, qui a ajouté que la coopération sur les îles disputées "favorisera la création d'une atmosphère propice aux négociations du traité de paix à l'avenir ". Ce différend territorial a empêché jusqu'à présent Moscou et Tokyo de signer un traité de paix.

Malgré des mois de préparation, la perspective d'un accord paraît maigre.

Pour le Premier ministre japonais, c'est aussi une histoire de famille.

Shintaro Abe, le père de Shinzo Abe, a été ministre des Affaires étrangères du Japon, et est connu pour ses tentatives de règlement de ce litige territorial.

Un peu plus tôt dans la journée, juste avant de se rendre à Nagato, M. Abe a déclaré à la presse qu'il espérait "prendre le temps de négocier au calme durant la soirée".

Mais le président russe semble peu disposé à accéder aux demandes japonaises de céder en échange une partie du contrôle des îles à Tokyo. M. Poutine a déjà rejeté à plusieurs reprises l'idée de troquer l'une des Kouriles pour une coopération économique renforcée avec Tokyo, martelant: "Nous ne vendons pas nos territoires".

Une trentaine d'accords entre sociétés russes et japonaises devraient être signés dans les domaines énergétique, industriel, agricole et des hautes technologies.

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