Restriction des réseaux sociaux avant la fin du mandat de Kabila — RDC

17 Décembre, 2016, 00:45 | Auteur: Lynn Cook
  • Restriction des réseaux sociaux avant la fin du mandat de Kabila — RDC

Comme nous l'apprend l'AFP reprise par leparisien.fr, la lettre de l'autorité en charge de la régulation du secteur demande, sans plus de précisions " le blocage momentané de tous les échanges d'images, des vidéos et de la voix via réseaux " parmi lesquels les plus utilisés.

Selon quatre opérateurs, les fournisseurs d'accès à internet s'étaient vu présenter oralement les demandes du gouvernement mardi lors d'une réunion avec l'ARPTC et avaient demandé une notification formelle, écrite, de cet ordre. "Dans la mesure où le blocage partiel ne sera pas possible, il vous est demandé dès lors de bloquer tout accès intégral aux dits réseaux sociaux ". Il n'en est pas fait mention dans la lettre. Ce scrutin n'ayant pas été tenu dans le délai qui lui est fixé par la Constitution, Kabila compte se maintenir au pouvoir au-delà du 20 décembre en vertu d'un arrêt controversé de la Cour constitutionnelle. Un autre opérateur qui a requis l'anonymat a dit être prêt à se conformer à ces demandes.

Fidèle à sa réputation de taiseux, le chef de l'État, au pouvoir depuis 2001 et âgé de 45 ans, ne dévoile rien de ses projets, si ce n'est, dans son dernier discours public mi-novembre, sa volonté de se maintenir en poste après le 20 décembre jusqu'à l'élection de son successeur.

M. Tshisekedi et ses alliés ont menacé d'appeler à des manifestations sur tout le territoire à partir de lundi jusqu'à ce que le chef de l'État quitte le pouvoir. Les réseaux sociaux sont le mode d'accès à l'internet le plus répandu en RDC, pays parmi les moins développés de la planète, en raison de leur facilité d'emploi à partir d'un téléphone, et de leur coût relativement bas pour une population largement miséreuse. En 2013, les réseaux sociaux ont été le ferment de la mobilisation contre le pouvoir et le théâtre d'une véritable bataille destinée à soutenir les accusations réciproques de crimes que se renvoyaient dans ces cas-là le pouvoir et l'opposition. Entamées le 8 décembre, ces négociations sont censées s'achever vendredi mais semblaient dans l'impasse jeudi matin. L'appel à manifester lundi contre M. Kabila est pour l'heure suspendu à des négociations politiques sous l'égide de l?Église catholique en vue de trouver un compromis permettant d'organiser une transition politique jusqu'à l'organisation des élections. En janvier 2015, lors de violentes émeutes antipouvoir, les autorités avaient ordonné un coupure brutale de l'internet pendant 48 heures qui avait complètement paralysé l'économie nationale, les banques notamment ne pouvant plus passer d'opérations. État-continent de quelque 70 millions d'habitants au coeur de l'Afrique, le Congo (ex-Zaïre) a été ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003 et la communauté internationale craint que le pays ne plonge dans une nouvelle spirale de violence faute d'accord politique.

Signe néanmoins d'une certaine fébrilité des autorités, le gouvernement a demandé jeudi aux opérateurs internet de filtrer ou couper les réseaux sociaux à compter de 23h59 dimanche, et la police a annoncé vendredi après-midi avoir instauré " des checkpoints (barrages, ndlr) à travers les grandes villes pour décourager les velléités criminelles qui ont commencé à prendre des proportions inquiétantes ".

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