Les députés opposés aux caméras dans les abattoirs

17 Décembre, 2016, 00:59 | Auteur: Lynn Cook
  • Viande sous cellophane au supermarch

La proposition de loi découle des travaux de la commission d'enquête sur les conditions d'abattage des animaux de boucherie en France, pilotée par le même Olivier Falorni, qui avait en septembre préconisé 65 mesures pour diminuer la souffrance animale en abattoir. Problème, les députés ont supprimé l'article 4 qui devait " rendre obligatoire l'installation de caméras dans toutes les zones des abattoirs dans lesquelles des animaux vivants sont manipulés", aussi bien lors de leur étourdissement qu'au moment de leur mise à mort.

Pour les opposants à la mesure, qui l'ont emporté, le dispositif était trop coûteux et mettait trop de "pression" sur les salariés.

La commission des Affaires économiques de l'Assemblée a supprimé l'article clé de la proposition de loi portée par Olivier Falorni et son groupe des radicaux de gauche, ainsi que des députés d'autres groupes. Un texte qui serait passé totalement à côté du sujet, selon ses défenseurs. Les socialistes s'y sont également opposés, certains se prononçant plutôt pour une expérimentation.

" Alors que cette mesure est plébiscitée par 85 % des Français, selon un sondage d'Ifop d'octobre 2016, les membres de la commission ont rejeté un dispositif qui avait pourtant été élaboré afin d'assurer un meilleur contrôle des abattoirs, tout en sécurisant les salariés et en empêchant les détournements d'images ", regrette Olivier Falorni dans un communiqué publié à l'issue de la réunion.

L'opposition a aussi obtenu la suppression d'un autre article qui aurait autorisé les parlementaires à visiter les établissements d'abattage de façon inopinée, éventuellement accompagnés de journalistes titulaires de la carte d'identité professionnelle. On n'est pas là pour faire les cow-boys!

Une disposition du projet de loi Sapin 2 censurée par le Conseil constitutionnel a en revanche été réintroduite.

Le rapporteur a finalement voté contre la proposition de loi réécrite, puisque " complètement vidée de sa substance, presque massacrée ". Elle qualifie de délit les mauvais traitements sur les animaux en abattoir et dans les entreprises de transport. Mais le texte est adopté grâce aux voix socialistes.

Le texte, qui instaure notamment la pénalisation de la maltraitance des animaux, la présence permanente d'un agent des services vétérinaires dans les abattoirs de plus de 50 salariés et un comité local de suivi de site, doit désormais être examiné en séance plénière avant fin février. Les élus LR, Union des démocrates et indépendants (UDI) et certains Europe écologie les verts (EELV) se sont abstenus.

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