Premières évacuations attendues à Alep — Syrie

16 Décembre, 2016, 00:55 | Auteur: Sue Barrett
  • Des forces pro-syriennes dans le quartier Jisr al Haj lors de l'opération de contrôle de ce quartier rebelle d'Alep le 14 décembre 2016

Cela fait un mois que le régime a lancé l'opération pour reconquérir la deuxième ville de Syrie.

"L'Histoire se dessine maintenant". Des préparatifs sont en cours pour permettre l'évacuation de blessés et de civils par le sud d'Alep, confirme à l'AFP un haut responsable rebelle.

La perte d'Alep représente un revers cuisant pour la rébellion, qui avait conquis la partie orientale de la métropole en 2012, mais se retrouve aujourd'hui confinée dans un réduit après une offensive foudroyante du régime lancée à la mi-novembre. Pour le régime, cette victoire, rendue possible grâce au soutien de la Russie, est le plus important succès du pouvoir depuis le début de la guerre en 2011. "Actuellement, il existe des liens directs entre Alep et Idleb en raison de la présence de Jabhat al-Nosra (groupe rebelle djihadiste affilié à Al-Qaïda, ndlr)".

La télévision d'État a parlé de sept civils tués par des tirs rebelles.

Une initiative similaire avait échoué mercredi, malgré un accord conclu sous la houlette de la Russie, allié du régime, et de la Turquie, parrain des insurgés, avant qu'Alep ne connaisse une nouvelle flambée de violence.

Beaucoup d'habitants avaient passé la nuit sur les trottoirs, faute d'abris, par un temps glacial et sous la pluie.

"Vingt-neuf bus, des ambulances et des équipes médicales ont été envoyés vers les villages assiégés de Kefraya et Foua pour faire sortir les cas humanitaires et un certain nombre de familles", a indiqué à l'agence étatique Sana Mohamed al-Hazouri, le gouverneur de la province de Hama, voisine de celles d'Alep et d'Idleb.

"Alep est dans une situation d'urgence absolue: environ 100.000 personnes sont encore piégées sur un territoire de 5 km carrés", a déclaré à l'AFP la présidente de Médecins du Monde, Dr Françoise Sivignon, appelant à sauver les civils de cet "enfer". D'ailleurs ces villages ont été bombardés dans l'après-midi par les rebelles, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Alors que la communauté internationale est jusqu'à présent restée impuissante, Washington et Paris ont appelé à des "observateurs internationaux" pour superviser une éventuelle évacuation. Il a été scellé sous l'égide de la Russie (pro-régime) et de la Turquie (pro-opposition). après le tollé international suscité par les atrocités qui auraient été commises contre les civils dans les quartiers repris par l'armée.

Le président iranien Hassan Rohani a félicité son homologue syrien et salué sa "très grande victoire".

Un journaliste de l'AFP en secteur rebelle a vu un char du régime tirer en direction des secteurs insurgés, ainsi que des civils blessés autour de lui et d'autres bloqués dans les immeubles.

A Istanbul, plus d'un millier de manifestants se sont rassemblés devant le consulat d'Iran pour dénoncer les agissements de Téhéran mais aussi ceux de Moscou et demander l'évacuation des civils assiégés à Alep. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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