Un passeur de migrants condamné à 18 ans de prison — Italie

14 Décembre, 2016, 07:52 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Tunisien Mohammed Ali Malek et le Syrien Mahmoud Bikhit le 20 avril 2015 à Valette sur l'île de Malte

Ce mardi, le tribunal de Catane (Sicile) a condamné Mohamed Ali Malek à 18 ans de prison.

Le Tunisien était accompagné d'un Syrien, Mahmoud Bkhit, qui lui aussi était condamné à 5 ans de prison.

Mohammed Ali Malek tentait de se faire passer pour un voyageur, en avril 2015...

Le tribunal de Catane en Sicile a rendu, mardi son verdict dans le naufrage du chalutier qui a causé la mort de 800 personnes.

A l'issue d'un procès mené selon une procédure accélérée, avec des audiences espacées et souvent à huis clos, dans la quasi-indifférence des médias italiens, les deux hommes ont également été condamnés à verser chacun neuf millions d'euros d'amende. Il y a "passeur et passeur".

L'avocat du capitaine présumé a expliqué à l'AFP que la plupart du temps ce sont des migrants désignés sur le moment.

Selon le parquet, les manoeuvres erratiques de l'accusé ont fortement contribué au chavirage du bateau, qui a semble-t-il percuté le "King Jacob" à plusieurs reprises. Le renflouement de l'épave a permis de récupérer 219 corps.

Les récits glaçants ont provoqué une vague d'indignation et poussé l'Union européenne à renforcer de manière significative sa présence au large de la Libye. Mais selon les médecins légistes, les sacs mortuaires contenaient souvent des restes de plusieurs personnes et le total devrait atteindre 800 à 900 morts. En annonçant ces chiffres en octobre, Vittorio Piscitelli, commissaire extraordinaire pour les personnes disparues, s'était indigné: "Comment a-t-il été possible de mettre jusqu'à 900 personnes là-dedans!"

Signe du déchirement que représentent ces migrations, l'un d'entre eux avait avec lui un petit sachet contenant de la terre de son pays.

Dans la nuit du 18 au 19 avril 2015, un chalutier de moins de 30 mètres de long surchargé de migrants avait chaviré et coulé en Méditerranée à l'arrivée d'un cargo portugais venu lui porter secours.

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