Un accord pour évacuer les civils de la ville d'Alep

14 Décembre, 2016, 08:31 | Auteur: Lynn Cook

Lundi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'était aussi alarmé d'informations faisant état d'atrocités étaient commises contre "un grand nombre " de civils.

Les combats auraient cessé et la chute définitive d'Alep-Est n'est plus qu'une question d'heures, si l'on en croit les informations selon lesquelles un accord a été conclu pour que les derniers civils et combattants soient évacués.

"Face aux allégations d'exactions à Alep, la France demande une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies", écrit le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault sur son compte Twitter.

Le porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville, a fait état "d'informations indiquant que des forces progouvernementales avaient tué au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants" dans des quartiers de la ville repris par l'armée.

Un accord a été conclu "sous la houlette de la Russie et de la Turquie" pour l'évacuation "dans les prochaines heures" des civils et des rebelles de la ville syrienne d'Alep, a affirmé mardi soir un responsable d'un influent groupe rebelle.

Dans l'est d'Alep, plus d'un millier de rebelles se sont également rendus au cours des deux derniers jours. Par la suite, les derniers rebelles sortiront avec leurs armes légères. En sortant, "ils choisiront de se rendre soit dans l'ouest de la province d'Alep ou vers la province d'Idleb (nord-ouest)", des régions sous contrôle rebelle.

Soumis depuis quatre semaines à de violents bombardements aériens et à l'artillerie, les rebelles ont perdu la quasi-totalité de leur ancien bastion d'Alep-Est conquis en 2012 et sont cantonnés surtout dans le grand quartier d'al-Machad. Et son homologue américaine Samantha Power a réclamé que des "observateurs internationaux impartiaux" supervisent l'évacuation des civils qui "ont peur d'être abattus dans la rue ou emmenés vers un des goulags d'Assad". Plus de 130.000 civils ont fui les quartiers Est.

" Des forces progouvernementales ont pénétré dans des habitations et tué les civils qui s'y trouvaient, y compris les femmes et les enfants ", a-t-il dit.

"En écho à ces inquiétudes, le premier ministre français Bernard Cazeneuve a dénoncé les " innombrables atrocités " commises par le régime contre les civils qui peuvent constituer selon lui des " crimes de guerre voire des crimes contre l'humanité ". Ce mardi soir, l'ambassadeur russe à l'ONU a annoncé que les combats avaient effectivement cessé à Alep-Est.

La télévision russe diffuse des témoignages de Syriens qui ont échappé aux quartiers rebelles et qui racontent l'enfer dont ils ont été victimes, sous la coupe des insurgés.

Quittant cette zone, des centaines d'hommes et de femmes formaient une file sans fin et avançaient à petits pas dans le froid et la boue, certains emmitouflés dans des couvertures ou des manteaux, portant leurs enfants et leurs maigres possessions dans des sacs en plastique. "Alep est dans une situation d'urgence absolue: environ 100'000 personnes sont encore piégées sur un territoire de 5 km carrés", a déclaré la présidente de Médecins du Monde, Françoise Sivignon.

Les forces gouvernementales syriennes ont lancé une offensive féroce pour finir de reprendre le contrôle de la deuxième plus grande ville du pays.

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