La présidente destituée par le Parlement — Corée du Sud

12 Décembre, 2016, 01:18 | Auteur: Jonathan Ford
  • La présidente destituée par le Parlement — Corée du Sud

L'incertitude politique pourrait durer au-delà d'une éventuelle validation par la Cour constitutionnelle de la destitution de Mme Park.

Le texte a été adopté par 234 voix contre 56, soit largement la majorité des deux tiers des 300 votes nécessaires.

Dans une adresse télévisée survenue après le vote à Assemblée nationale, la présidente destituée a présenté des excuses: "Je suis tellement désolée pour tous les Sud-Coréens d'avoir créé ce chaos national par ma négligence alors que notre pays fait face à tant de difficultés, allant de l'économie à la défense nationale".

Pour célébrer l'événement, plus de 600 000 Sud-Coréens sont descendus hier dans la rue à Séoul.

Procureur spécial et Cour constitutionnelle. En 2004, le Parlement avait prononcé la destitution du président Roh Moo-hyun, mais la Cour constitutionnelle l'avait invalidée.

Dans une société où la classe politique entretient traditionnellement des rapports malsains avec le gratin économique, ces familiers avaient coutume de se servir de leurs liens avec le chef de l'Etat pour obtenir des faveurs. Il a conseillé aux autorités financières de prendre des mesures pour éviter des mouvements brusques sur les marchés. Mais les partis d'opposition ne l'entendent pas de cette oreille et exigent qu'elle démissionne immédiatement. En attendant, Park Geun Hye garde son titre de présidente. "Des manifestants brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: " Victoire pour le peuple " et " Nouvelle république de Corée ".

Dehors, des centaines de manifestants s'étaient rassemblés en hurlant à l'intention des députés: "Destituez Park!".

Après un peu moins de quatre ans de mandat, Park Geun-Hye pourrait devenir le premier chef de l'Etat sud-coréen démocratiquement élu à être démis de ses fonctions.

Le scandale qui fascine le pays et à l'international est centré sur Choi Soo-Sil, amie proche de la présidente. Tous les représentants de l'opposition avaient mis leur démission dans la balance. Si la destitution se confirme, Park Geun-hye devra quitter son poste et des élections présidentielles seront convoquées dans un délai de deux mois. En attentant, le Premier ministre assurera l'intérim de la présidence.

Seuls 5 % des Sud-Coréens disent avoir une opinion favorable de la présidente, selon un sondage publié vendredi, soit un point de plus que lors d'une enquête précédente.

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