"Je suis candidat à la présidence de la République" — Emmanuel Macron

18 Novembre, 2016, 05:41 | Auteur: Lynn Cook

Il s'est placé résolument au-delà d'un système politique qui "empêche les majorités d'idées au motif qu'elles fragilisent les appareils". "Le jour où il aura perdu, il s'en fout, il passe à autre chose", assure un membre du gouvernement, encore blessé du départ fracassant du ministère de l'Economie de M. Macron, fin août. Lors de son discours prononcé depuis Bobigny, une banlieue populaire du nord-est de Paris, il a appelé à une "révolution démocratique profonde". Lancé en avril, son mouvement compte désormais plus de 96.000 adhérents (adhésion gratuite).

D'autres proches voient dans cette accélération du calendrier une occasion pour le jeune ex-ministre de 38 ans d'interférer dans la primaire de la droite, dont le premier tour aura lieu dimanche, et le second le 27 novembre. Elle n'a émergé à la vie publique que par la volonté du président de la République et du Premier ministre.

-16 novembre 2016: annonce sa candidature à l'élection présidentielle de 2017. Dans un discours de vingt minutes, marqué par une critique du "système", celui qui a été aussi le conseiller de François Hollande à l'Elysée a dit qu'il souhaitait placer sa campagne "sous le signe de l'espérance".

L'ancien ministre Jack Lang a attaqué sur un registre plus personnel: "Voilà une personne qui voici deux ans était encore inconnue au bataillon".

Sur les questions de société, il assume des positions libérales et s'est par exemple opposé au projet de déchéance de nationalité pour les binationaux condamnés pour terrorisme porté par son ancien mentor François Hollande. Ce qui le mettra en concurrence directe avec le candidat socialiste pour le scrutin de mai, s'il parvient à rassembler les 500 signatures d'élu indispensable pour se présenter à l'élection présidentielle. "L'enjeu n'est pas pour moi de rassembler la gauche, il n'est pas de rassembler la droite, l'enjeu, il est de rassembler les Français", a encore indiqué l'ancien ministre de François Hollande.

A droite, Alain Juppé, a estimé que la candidature Macron est d'abord " un problème pour la gauche "...

"C'est très embêtant", a constaté le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, redoutant une élimination de la gauche dès le premier tour si elle part fragmentée à la présidentielle.

Emmanuel Macron, qui se veut hors parti et a refusé de participer à la primaire de la gauche prévue en janvier, appelle de ses voeux une France qui "vit de son travail" et qui "considère les plus faibles".

L'extrême droite, elle, juge que sa candidature s'ajoute à une offre "libérale", déjà "complètement saturée". "Je ne crois pas que le candidat des banques puisse être un renouveau", a commenté la chef du Front national, Marine Le Pen.

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