Le Parlement hongrois rejette la révision constitutionnelle d'Orban — Migrants

09 Novembre, 2016, 09:41 | Auteur: Lynn Cook
  • Le Premier ministre hongrois Viktor Orban à Bruxelles le 21 octobre 2016

Le premier ministre hongrois a subi mardi 8 novembre un nouveau revers, après l'invalidation de son référendum, en échouant à faire inscrire dans la Constitution sa politique hostile aux migrants, cible d'une surenchère de l'extrême droite. Il n'a obtenu le soutien ni des députés de gauche, ni de ceux de l'extrême droite.

Alors que cette consultation n'avait pas atteint le quorum nécessaire pour avoir force légale - 50 % des inscrits -, le premier ministre y avait tout de même vu un plébiscite pour sa politique anti-migrants, car le non aux réinstallations de réfugiés avait recueilli 98,3 % des voix exprimées.

Le Jobbik présente les permis de résidence comme une brèche en faveur de l'immigration ainsi qu'un danger potentiel pour la sécurité de l'Etat, puisque de "riches terroristes", selon ce parti, peuvent virtuellement en bénéficier.

Sérieux concurrent pour le parti Fidesz de M. Orban dans la perspective des prochaines législatives prévues en 2018, l'extrême droite hongroise avait trouvé dans ce vote une occasion inespérée de faire pression sur la majorité.

Depuis 2013, la Hongrie a émis plus de 10 000 obligations d'État, d'une valeur nominale de 300 000 euros, ouvrant droit à un permis de résidence et à la possibilité de voyager au sein de l'espace Schengen.

Le Fidesz compte 131 parlementaires avec ses alliés chrétiens-démocrates, et il lui manque deux voix pour obtenir la majorité des deux tiers requise à cet effet.

Lors du vote auquel n'ont pas pris part les députés Jobbik, des élus du parti d'extrême droite ont brandi une banderole portant l'inscription: "Le traître, c'est celui qui laisse entrer les terroristes contre de l'argent".

M. Orban a semblé d'abord pris au dépourvu par cette bravade du Jobbik, disant qu'il "allait envisager" la suggestion du parti, avant de déclarer qu'il "ne voulait pas céder au chantage". Le Parlement hongrois a rejeté mardi, à deux voix près, un projet d'amendement constitutionnel visant à interdire l'application, dans le pays, du plan.

"L'amendement n'aura pas vraiment d'impact juridique, pas plus qu'il n'entrerait en conflit avec la législation européenne, les étrangers n'entrant déjà en Hongrie que sur une base individuelle", estime Bulcsu Hunyadi, analyste de l'institut Political Capital. Car Viktor Orban, lancé dans un bras de fer avec les institutions européennes, s'était personnellement engagé dans le projet de révision constitutionnelle. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.