Courte trêve décrétée par la Russie à Alep — Syrie

08 Novembre, 2016, 04:46 | Auteur: Aubrey Nash
  • Starface  Reporters

Alep a connu ce vendredi une nouvelle trêve humanitaire de dix heures décrété par Moscou.

"Cette annonce n'a aucune valeur et nous ne sommes pas concernés", avait-il ajouté.

Au moins 12 civils ont été tués jeudi et 200 blessés par les tirs et les salves de roquettes des rebelles sur les quartiers Ouest d'Alep, tenus par le gouvernement, selon l'agence officielle Sana.

Sur le terrain, selon l'OSDH, les rebelles contrôlent le quartier de Dahyet al-Assad, à la périphérie ouest d'Alep, et sont aux portes de l'académie militaire.

Au cœur de la ville, à quelques mètres de la ligne de front entre les deux camps, se trouvent le convent franciscain et la paroisse Saint François d'Assise. Le frère franciscain Ibrahim Alsabagh, en est l'un des prêtres. "Aucun civil ni combattant n'a quitté les quartiers est", a indiqué le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

"Vu que nos collègues américains sont incapables de séparer l'opposition des terroristes, nous nous adressons directement aux leaders de tous les groupes armés et les appelons à mettre fin aux combats et à quitter Alep avec leurs armes", avait-il souligné. L'ONU avait réagi à l'annonce russe en affirmant que "les opérations humanitaires ne pouvaient pas être subordonnées à des initiatives politiques ou militaires".

David Swanson, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), a lui indiqué que "les évacuations médicales peuvent seulement avoir lieu si les parties en conflit prennent toutes les mesures pour assurer un environnement approprié, ce qui n'a pas été fait". Et d'ajouter: "Nous restons très, très inquiets sur la situation humanitaire à Alep".

Une première trêve "humanitaire" unilatérale de trois jours mise en place à Alep par les armées russe et syrienne, qui prévoyait l'arrêt de tous les tirs dans la ville, a expiré le 22 octobre sans avoir permis l'évacuation de civils et de blessés, ni le retrait des combattants des quartiers-est d'Alep aux mains de la rébellion armée.

La trêve "ne se substitue pas à un accès humanitaire sans entrave et impartial", a mis en garde Amnesty international, qui réclame "la protection des civils sur le long terme". Deux civils ont ainsi été tués hier dans des tirs de roquettes des rebelles sur un quartier gouvernemental d'Alep, selon la télévision étatique syrienne. Selon des activistes sur place, elle aurait fait au moins trois morts et 15 blessés.

Le contrôle d'Alep est déterminant aux yeux des belligérants pour asseoir leur pouvoir dans le nord de la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 300.000 morts.

L'offensive syro-russe sur Alep, lancée le 22 septembre, a fait 500 morts selon l'ONU et entraîné la destruction d'infrastructures civiles.

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