Cazeneuve défend la "transparence" du projet — Mégafichier

08 Novembre, 2016, 03:22 | Auteur: Sandy Vega
  • Bernard Cazeneuve a proposé aux présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat la tenue d'un débat parlementaire sur le fichier controversé regroupant les données personnelles des Français. Cazeneuve sera entendu mercredi devant la commission des

Cette base de données aurait pour but de faciliter la lutte contre l'usurpation d'identité, mais aussi l'identification de personnes dans les procédures judiciaires. Le Conseil National du numérique s'est également exprimé sur le sujet et demande dans un communiqué la suspension de sa mise en œuvre.

La polémique autour du méga fichier s'est durcie lundi avec les protestations de la secrétaire d'État au Numérique Axelle Lemaire, qui a déploré " un dysfonctionnement majeur " dans sa mise en place.

Sur la forme, le PCF dénonce la méthode du gouvernement qui hors de tout débat démocratique a pris dans la plus grande opacité la décision de créer le fichier TES par un décret publié le dimanche 31 octobre.

Le Conseil déplore l'absence de toute concertation préalable à la création de ce fichier, qui ouvre la porte à des dérives aussi probables qu'inacceptables.

"Je vais en parler au Président, mais croyez-vous que je pèse, face au ministre de l'Intérieur, au garde des Sceaux et au Premier ministre?", a ajouté la responsable qui, selon l'Opinion, n'a pas réussi à obtenir de rendez-vous place Beauvau pour exposer son point de vue.

"Axelle Lemaire évoque un " dysfonctionnement majeur " au sein du gouvernement".

Ce nouveau fichier a vocation à élargir la gestion des données personnelles exploitées pour les passeports biométriques aux cartes d'identités. Aucun système n'est imprenable, lit-on encore; comme le disait lui-même Jean-Jacques Urvoas, l'un des artisans dudit décret, alors dans l'opposition en 2012.

Le syndicat Force ouvrière a également fait part de son inquiétude, estimant qu'"il aurait été préférable de privilégier des supports individuels plutôt qu'une base centrale susceptible d'être consultée par de multiples services avec tous les risques de piratage et d'accès indus". "Un dialogue avec les communautés d'experts aurait certainement pu permettre au gouvernement d'explorer des alternatives techniques plus résilientes et respectueuses des droits des citoyens". A terme, il pourrait conserver les données biométriques de près de 60 millions de français dans une base centralisée. Le ministre de l'intérieur s'est réfugié derrière un avis de la Cnil du 29 septembre, qui constate " les finalités du fichier déterminées, explicites et légitimes", mais sans reprendre la demande de la Commission concernant la réalisation d'une véritable étude d'impact et de l'organisation d'un débat parlementaire.

Cette base de données gigantesque va ainsi réunir, entre autres, des informations comme la couleur de vos yeux, votre taille, vos noms, vos empreintes digitales ou encore votre adresse physique et numérique.

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