Primaire de la droite: les candidats lâchent leurs coups

07 Novembre, 2016, 02:04 | Auteur: Aubrey Nash

Le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, autre soutien centriste d'Alain Juppé, est venu à la rescousse jeudi matin, affirmant sur Europe 1 que "le rassemblement voulu par Alain Juppé est une assurance pour une alternance", tandis que Nicolas Sarkozy au contraire "est désormais un candidat dangereux pour l'alternance".

Piqué, Sarkozy rétorque sur un ton professoral: "ce n'était pas l'accord du Touquet, mais l'accord de Canterbury".

-"Oui, on a fait du bon travail, je regrette seulement qu'aujourd'hui tu dénigres de cette manière le Grenelle de l'environnement". Nicolas Sarkozy évoqua la " solitude " du président de la République au moment de prendre des décisions importantes, ce que personne d'autre ne pouvait faire, faute d'avoir exercé la fonction.

"L'enjeu pour lui est de passer le premier tour avec le plus de force possible et d'adapter sa stratégie au deuxième tour, pas nécessairement sur l'impératif du rassemblement mais sur la posture présidentielle", juge Jean-Daniel Lévy (Harris Interactive). "Je ne suis pas sûr de le refaire, mais je ne le regrette pas".

Sans doute inspirés par la salle Wagram (Paris XVIIe), où se déroulaient autrefois des combats de boxe, les "petits" candidats ont principalement fait la guerre à Nicolas Sarkozy.

"Nous voyons la hiérarchie s'inverser, Nicolas Sarkozy apparaît comme le vainqueur du débat pour les sympathisants de la droite et du centre", précise sur BFMTV Yves-Marie Cann, directeur des études politiques chez Elabe.

Particulièrement combattif, Nicolas Sarkozy a fait assaut d'ironie. Et Nathalie Kosciusko-Morizet, sa porte-parole en 2012, n'aura pas retenu ses coups, signant même clairement sa rupture avec lui.

L'offensive anti-Bayrou des sarkozystes a eu pour vertu de rassembler certains candidats pourtant radicalement opposés dans cette primaire.

Le cas du président du MoDem empoisonne la campagne à droite depuis une dizaine de jours, en particulier entre le maire de Bordeaux et Nicolas Sarkozy, qui en a fait son principal angle d'attaque. "Si j'écoute Bruno, si à chaque fois qu'on est battu, on n'a plus le droit de se présenter". Visé, l'ancien chef de l'Etat réplique, " Bruno, je te rappelle que tu as été battu à la présidence de l'UMP.

"Ce serait plus crédible si tu n'avais pas fait l'ouverture à des ministres de gauche en 2007".

Cible des tirs croisés de ses adversaires Bruno Le Maire, Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-François Copé, Nicolas Sarkozy, qui s'efforce de rattraper son retard sur Alain Juppé, a mis en avant son expérience en tant qu'ancien chef de l'Etat, valorisant y compris sa défaite en 2012. "Ce qui m'amuse beaucoup, c'est qu'on vient d'évoquer le cas de Pau". Il a néanmoins défendu sa position lorsque la question du soutien de François Bayrou est arrivée sur le tapis.

Pendant toute la durée du débat, Nicolas Sarkozy a tenté d'éviter de tomber dans le piège de l'inventaire de son quinquennat.

La fille du couple Chirac ne cache pas sa préférence pour Alain Juppé, qui fut le Premier ministre de Jacques Chirac qui le qualifia un jour de "meilleur d'entre-nous".

Pour autant, auprès du noyau dur de son électorat, sa combativité dans l'adversité lui rapporte toujours des points. Il a même rappelé qu'il faisait partie d'un club très fermé: "Il y a eu six présidents depuis 1958", a-t-il souligné, oubliant au passage un des locataires de l'Elysée.

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