Le déblaiement de la Jungle de Calais a débuté

05 Novembre, 2016, 05:30 | Auteur: Sue Barrett
  • REPORTAGE. Soudain la Jungle de Calais s'est embrasée

Une grosse pelleteuse accompagnée de deux engins d'évacuation arrachait les abris situés dans la partie ouest du camp. Des militants de l'ultra gauche No Border s'étaient mêlés à eux, selon une source policière.

"Ils ont organisé le feu en le laissant se propager", accuse pour sa part un jeune Soudanais, en écho à des soupçons formulés ça et là sur le terrain.

"Ma tente a brûlé dans la nuit, je suis venu ici dès 04H00", témoigne Siddik dans la file mineurs, enveloppé avec deux amis dans une large couverture, comme beaucoup dans ce froid glacial.

Pressées d'en finir avec la "jungle de Calais", les autorités françaises ont posé jeudi un ultimatum aux derniers migrants campant encore dans le bidonville dévasté, pour qu'ils acceptent leur transfert dans les centres d'accueil ouverts loin des côtes anglaises.

Les travaux de nettoyage du site seront en principe terminés lundi soir.

Arrivés de divers pays - principalement d'Erythrée, du Soudan et d'Afghanistan -, entre 6.400 et 8.100 migrants vivaient encore à la fin de la semaine dernière dans les allées boueuses de la "Jungle", dans des conditions d'extrême précarité.

Jeudi, huit autocars transportant en tout 226 majeurs et 16 mineurs sont encore partis de Calais, selon l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii). Ils se sont intensifiés "entre 00 h 30 et 3 heures du matin", a précisé la préfecture. Des dizaines d'enfants se pressent autour d'une bénévole de l'association Care 4 Calais qui promet de faire son possible pour les aider: "Je ne peux qu'imaginer à quel point vous êtes fatigués et frigorifiés, mais faites-moi confiance", dit-elle, alors que plusieurs d'entre eux protestent.

Jeudi matin, les forces de l'ordre ont repoussé sans violence des dizaines de jeunes, dont des mineurs, qui s'étaient massés devant le centre de transit désormais fermé. Il contient 1.500 places, mais affiche complet depuis mercredi. "Une minorité", tempère la préfète.

Si son démantèlement avait démarré dans le calme, le camp de migrants a commencé à être ravagé par des incendies criminels dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 octobre.

Les ministres français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et du Logement, Emmanuelle Cosse, ont fait part en soirée de leur "surprise" dans un communiqué commun.

Ces jeunes hommes se disent pour la plupart mineurs mais, faute d'avoir été enregistrés comme tels, n'ont pas été mis à l'abri au Centre d'accueil provisoire (CAP) qui jouxte la " Jungle " en cours de démantèlement. Ils ont demandé que Londres "prenne rapidement ses responsabilités et accueille ces mineurs, qui souhaitent être transférés au Royaume-Uni".

L'opération a été gênée par de multiples incendies qui se sont déclarés mercredi midi dans plusieurs zones de la " jungle ", dégageant d'épais panaches de fumée noire visibles depuis le port de Calais, à 500 mètres. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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