11 personnes présentées au juge après la mort tragique d'un poissonnier — Maroc

05 Novembre, 2016, 04:17 | Auteur: Sue Barrett

Au lendemain du décès de Mouhcine Fikri, un vendeur de poisson broyé par un camion-benne à Al-Hoceima, dont la mort a suscité une vague d'indignation et de manifestations, les sanctions commencent à tomber. La victime avait en effet été interceptée avec dans sa voiture une quantité importante d'espadon, une espèce interdite à la pêche actuellement.

Sur la base de ces nouveaux éléments de l'enquête qui avance à un rythme accéléré comme l'a ordonné le Roi Mohammed VI, le parquet n'écarte pas la thèse d'un homicide involontaire dans ce tragique incident.

Le procureur général du roi près la cour d'appel d'Al Hoceima a décidé de déférer devant le juge d'instruction 11 personnes, dont deux agents d'autorité, le délégué de la pêche maritime, le chef de service de la délégation de la pêche maritime, le médecin chef du service de la médecine vétérinaire, pour " faux en écriture publique et homicide involontaire ".

Tous les cinq, ainsi que trois employés de la société de nettoyage, ont été placés en détention préventive, a annoncé le procureur dans un second communiqué mardi. Le parquet ne précise cependant pas qui l'a actionné. L'investigation effectuée n'a révélé l'émission d'aucun ordre d'agression de la victime par une partie quelconque, notant qu'à travers l'examen des détails de l'événement et des dépositions des parties, le Parquet général a estimé que les actes commis revêtent le caractère d'un homicide involontaire.

"Traduit sur les réseaux sociaux par le hashtag en arabe "#broie-le", ce point en particulier avait suscité la polémique et la colère des habitants d'Al-Hoceima, certains suspectant qu'un ou des représentants de l'autorité avaient ordonné ou volontairement mis en marche le mécanisme de compactage alors que Mouhcine était à l'arrière du camion.

Venu sur place, un représentant de la délégation de la pêche maritime "a constaté des infractions".

Le poisson a ensuite été saisi et déclaré impropre à la consommation, faute de document attestant de son origine, ce qui impliquait leur destruction. La société de ramassage a exigé un "ordre de destruction" écrit avant de procéder à la manoeuvre. Or l'ordre de destruction a été rédigé avant la saisie, ce qui constitue un faux en écriture publique, explique le parquet. Une photo de la victime inanimée, la tête et un bras dépassant du mécanisme de compactage, a été largement diffusée.

Dimanche, des milliers de personnes ont participé aux funérailles du jeune homme, rendant hommage au "martyr Mouhcine" et marchant pendant plusieurs heures dans le calme du centre-ville d'Al-Hoceima jusqu'à la localité d'Imzouren, où la dépouille a été inhumée. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

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