Hollande entend rester "le patron"

03 Novembre, 2016, 02:13 | Auteur: Lynn Cook

Une petite phrase qui devrait créer des tensions entre le président et ses proches alors qu'il n'a jamais été aussi bas dans les sondages et que les proches du premier ministre le poussent à se lancer en solo en direction de 2017. Le Premier a affirmé avoir du "respect (...) vis-à-vis de François Hollande". "Chaque fois qu'il y a des choses qui doivent être dites, elles doivent être dites, mais il y a aussi, avec la franchise, la question de la loyauté", a-t-il mis en garde. Le chef des députés LR reproche au chef du gouvernement de "cautionner" les comportements "légers, inquiétants et dangereux" de François Hollande, qu'il qualifie de "président-narcisse qui s'est noyé dans un torrent de confidences". Et cet "ami" du président de comparer Valérie Trierweiler, Ségolène Royal. les deux ex compagnes de François Hollande et Manuel Valls, trois fortes personnalités qui auraient selon lui eu à un moment un ascendant sur lui "C'est vrai, parfois, Hollande aime se laisser dominer par quelqu'un". François Hollande a sans doute touché le fond à la mi-octobre avec une enquête qui ne lui accordait plus que 4% de bonnes opinions, dans la foulée de la parution de "Un président ne devrait pas dire ça". "Le respect, c'est aussi (celui) du calendrier qui a été donné par le président de la République".

"François Hollande se prépare à mener une campagne de challenger en allant sur le terrain, en parlant à tous les Français", confie un autre proche, qui assimile cette campagne à venir davantage à celle de Jacques Chirac - qui n'était pas sortant - en 1995 qu'à celle de François Mitterrand en 1988. "Il ne veut pas partir avec l'eau du bain, mais il soutiendra le président", assure-t-il, alors que le Premier ministre fait part de plus en plus ouvertement du "sentiment de responsabilité" qui l'habite face à la situation "périlleuse" de la gauche.

"Valls cherche à se différencier, on le voit". Même si l'hypothèse d'un renoncement présidentiel reste jugée improbable à Matignon.

Parmi ces enjeux, François Hollande a évoqué l'Irak, le "front de l'emploi où les choses s'améliorent", le démantèlement de la "Jungle" de Calais et la situation des mineurs isolés qui s'y trouvaient.

Chez les candidats à la primaire de la gauche, on compte les points, quand on ne met pas de l'huile sur le feu. "Le Premier ministre peut être candidat, mais on évoque aussi d'autres noms", a déclaré de son côté le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis à La Dépêche du Midi.

Arnaud Montebourg plaide lui pour le "renouveau", qu'il souhaite incarner, et ironise sur la colère du Premier ministre, l'incitant à aller "au bout" de son "éphémère exaspération" en démissionnant et en étant candidat à la primaire.

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