Prison avec sursis requise pour le recel de 271 oeuvres de Picasso

01 Novembre, 2016, 11:13 | Auteur: Sue Barrett
  • Prison avec sursis requise pour le recel de 271 oeuvres de Picasso

Pierre Le Guennec a présenté lundi une nouvelle version des faits selon laquelle Jacqueline Picasso, et non plus le peintre lui-même, lui aurait fait don des oeuvres.

Ils ont été condamnés à deux ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel pour recel. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Belga. "Je ne crois pas au don ou au cadeau", a dit l'avocat général, Christophe Raffin. "M et Mme Le Guennec, sur plusieurs points vous avez menti", a-t-il lancé.

L'électricien, qui avait travaillé pour Picasso entre 1970 et 1973, soutient que les 271 œuvres, qui datent de 1900 à 1932, empilées dans un carton durant quarante ans, sont un cadeau de Jacqueline Picasso, dernière épouse de l'artiste, offert en 1971 ou 1972 dans son mas de Mougins, en remerciement de leur dévouement. Quelques mois après le décès de M. Picasso, " elle m'a demandé de bien vouloir mettre chez moi en réserve des sacs-poubelles", qu'il chiffre entre quinze et dix-sept. Les prévenus avaient fait appel du jugement, ainsi que le parquet. "Madame Picasso Jacqueline avait des problèmes avec (le fils du peintre) Claude Picasso", a déclaré en début d'audience M. Le Guennec, que la cour a présenté comme "l'homme à tout faire" de Pablo et Jacqueline Picasso, la voix tremblante et l'expression maladroite. "Ce supplément d'information a pour but de vérifier si d'autres œuvres ont pu être mises de côté par Jacqueline", souligne la défense.

Jean-Jacques Neuer, avocat de Claude Ruiz-Picasso - fils du peintre et seul représentant des parties civiles présent à l'audience - a dénoncé un "mensonge hallucinant", affirmant que cette affaire touchait aux "aspects les plus noirs et puissants du marché de l'art" et soutenant la thèse d'un "blanchiment international d'oeuvres volées". Une plainte avait été déposée à la suite par les héritiers. L'enquête n'avait cependant pas permis d'établir formellement l'identité de l'auteur du vol. Le tribunal de Grasse avait donc décidé de remettre l'ensemble des 271 oeuvres au fils du peintre, Claude Ruiz-Picasso, qui représentait les six héritiers de la famille au procès. Le couple encourt une peine maximale de cinq ans de prison et 375'000 euros d'amende ou la moitié de la valeur des biens recelés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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