Pour Tusk, la signature du CETA jeudi est "encore possible"

26 Octobre, 2016, 07:12 | Auteur: Lynn Cook

Sans le feu vert de la Belgique, le sommet prévu jeudi à Bruxelles en présence du Premier ministre canadien Justin Trudeau afin de signer ce traité est plus incertain que jamais. "La réponse claire à ce stade, c'est non".

Côté canadien, un porte-parole du ministère du Commerce a rappelé lundi à l'AFP que "la balle (était) dans le camp de l'Europe".

"Il est évident que dans les circonstances actuelles, on ne peut pas donner un +oui+ aujourd'hui", a-t-il affirmé à la sortie d'une réunion du comité de concertation, qui regroupe toutes les entités fédérées de Belgique et le gouvernement fédéral.

La Belgique est le seul des 28 pays de l'Union européenne qui se trouve dans l'impossibilité de signer le CETA, un accord concernant plus de 500 millions d'Européens, en raison du blocage de cette région francophone du sud de la Belgique de 3,6 millions d'habitants.

Cette paralysie fragilise davantage une Union en pleine crise, déjà fortement ébranlée par le Brexit, qu'elle va très probablement devoir négocier au printemps prochain avec Londres.

Paul Magnette a répété que la Wallonie n'était pas opposée à l'accord de libre-échange avec le Canada, mais qu'elle insistait pour que ne soient pas remises en cause les normes sociales et environnementales et pour obtenir la garantie que les services publics seront préservés et qu'il n'y aura pas de mécanismes d'arbitrage privés.

Objectif des Wallons: assurer "une base juridique solide" à ce traité, qu'ils perçoivent comme l'ossature des futurs accords commerciaux, en particulier celui laborieusement négocié avec les Etats-Unis (TTIP ou Tafta), très impopulaire. Il "a toujours refusé de s'installer dans un timing contraignant", a souligné le porte-parole.

Lundi matin, André Antoine, le président de l'assemblée wallone, a réclamé davantage de temps pour que la Wallonie puisse étudier les textes, évitant toutefois de répondre à la question de savoir combien cela prendrait précisément.

"Arrêtons de considérer la Wallonie comme un bastion de résistance face au libre-échange", a déploré l'eurodéputé français Franck Proust (PPE, droite).

"Nous ne pouvons pas dire oui", a conclu Paul Magnette en sortant de la réunion. "Malheureusement cela tombe sur un accord capital pour l'Union européenne". Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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