L'UE et le Canada se décideront ce lundi soir

25 Octobre, 2016, 00:40 | Auteur: Aubrey Nash

Le président du parlement de Wallonie, André Antoine (cdH), estime qu'il ne sera pas possible de respecter l'échéance de lundi fixée par le Conseil européen pour la signature du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. L'Europe en sort fragilisée.

Le premier ministre belge, Charles Michel, devait réunir, lundi 24 octobre, le Comité de concertation, qui rassemble les principaux ministres fédéraux et les représentants des régions, et est censé apaiser, par consensus, les conflits entre les différents niveaux de pouvoir du royaume.

" Il est évident que, dans les circonstances actuelles, on ne peut pas donner un oui aujourd'hui", a expliqué le chef du gouvernement wallon, Paul Magnette. "La réponse claire à ce stade, c'est non", a asséné M. Michel.

"Demain après-midi/soir (...) M. Tusk aura une conversation téléphonique" avec Justin Trudeau, "pour décider s'ils maintiennent le sommet", a détaillé à l'AFP une source européenne.

La signature de l'accord est bloquée par son rejet par le Parlement de la région Wallonie, dont le ministre-président a déclaré samedi qu'il attendait de nouvelles propositions de la Commission européenne et appelé à un report du sommet prévu jeudi à Bruxelles. Joint par l'AFP, le porte-parole du président du Parlement wallon a confirmé qu'aucune réunion n'était prévue pour l'instant dimanche.

Cette paralysie fragilise davantage une Union en pleine crise, déjà fortement ébranlée par le Brexit, qu'elle va très probablement devoir négocier au printemps prochain avec Londres.

Paul Magnette a répété que la Wallonie n'était pas opposée à l'accord de libre-échange avec le Canada, mais qu'elle insistait pour que ne soient pas remises en cause les normes sociales et environnementales et pour obtenir la garantie que les services publics seront préservés et qu'il n'y aura pas de mécanismes d'arbitrage privés.

Ce texte qui concerne le volet très sensible de la protection des investissements -traitant de la possibilité donnée aux multinationales investissant dans un pays étranger de porter plainte contre un Etat adoptant une politique publique contraire à leurs intérêts- a déçu le gouvernement wallon.

Objectif des Wallons: assurer "une base juridique solide" à ce traité, qu'ils perçoivent comme l'ossature des futurs accords commerciaux, en particulier celui laborieusement négocié avec les Etats-Unis (TTIP ou Tafta), très impopulaire.

Mais cela ne signerait pas pour autant la fin du CETA: selon une source européenne, la Commission européenne est prête à laisser encore quelques semaines supplémentaires à la Belgique. Il "a toujours refusé de s'installer dans un timing contraignant", avait souligné le porte-parole.

Pour la Wallonie, cette date-limite a été considérée comme un "ultimatum".

La Wallonie, soutenue par la région de Bruxelles-Capitale, a fait savoir qu'elle ne rejetait pas le CETA en bloc tout en déplorant que ses demandes de modification de l'accord ne se heurtent pas tant à l'opposition du Canada, qui les a acceptées, qu'à celle des autorités européennes.

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