Entretien entre l'UE et le Canada pour tenter de sauver le Ceta

24 Octobre, 2016, 01:06 | Auteur: Aubrey Nash
  • Ceta la ministre canadienne du Commerce appelle l'UE à

La ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, a déclaré samedi matin qu'il incombait à l'Union européenne de sauver le traité de libre-échange avec le Canada (CETA), qui a été rejeté par le parlement de Wallonie.

La Première ministre britannique Theresa May a écarté vendredi l'idée selon laquelle les difficultés actuelles du traité de libre-échange de l'UE avec le Canada (Ceta) était de mauvaise augure pour l'accord que Londres devra conclure avec l'Union pour sceller le Brexit. "Nous avons décidé de retourner chez nous", a-t-elle ajouté en annonçant la rupture des discussions.

"J'ai expliqué que la démocratie, ça prend du temps", a-t-il plaidé.

M. Magnette refuse de s'enfermer dans un calendrier, car il faut donner le temps pour que puisse se dérouler le processus démocratique et parlementaire, justifiait l'entourage du ministre-président.

Et l'UE, elle, a besoin du feu vert de ses 28 Etats membres pour valider l'accord trouvé avec le Canada au bout de sept ans de négociations: la signature est prévue le 27 octobre, lors d'un sommet bilatéral à Bruxelles, avec le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Dans un communiqué, elle s'est désolée que "l'Union européenne n'est pas capable d'atteindre un accord international, même avec un pays qui a des valeurs européennes comme le Canada, même avec un pays si gentil et avec beaucoup de patience comme le Canada". Un communiqué plus complet devrait suivre, a-t-il précisé.

"Les négociations avec le Canada sur le CETA sont conclues et les problèmes qui restent concernent l'Europe", a souligné M. Schulz, qui s'est entretenu en matinée avec la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland, avant de recevoir M. Magnette et des représentants de la Commission européenne.

La Wallonie, région de 3,6 millions d'habitants, voit dans le CETA qui concerne plus de 500 millions d'Européens, les prémices du traité TTIP (ou Tafta), très impopulaire, que l'UE négocie très laborieusement avec les Etats-Unis, et réclame plus de garanties, notamment en matière de protection de ses agriculteurs et face aux puissantes multinationales.

Le Canada a exhorté samedi l'UE "à finir son job" sur le CETA, rappelant qu'il était prêt à signer cet accord.

Grâce au Ceta, les entreprises européennes auront désormais accès aux marchés publics canadiens, y compris au niveau des villes et des provinces, qui gèrent une part importante des dépenses publiques. A été également convenue la mise sur pied d'un tribunal permanent composé de 15 juges professionnels nommés par l'UE et le Canada. La ratification de l'accord, initialement prévu le 27 octobre à Bruxelles, apparaît donc plus que compromise. Mais les ONG jugent que cette concession ne va pas assez loin et craignent que ces "pseudo-juges" soient des avocats d'affaires liés à des cabinets privés.

Ce blocage soulève d'énormes interrogations sur la capacité des 28 à négocier des traités commerciaux avec d'autres pays.

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