Des chefs jihadistes quittent Mossoul — Irak

24 Octobre, 2016, 01:16 | Auteur: Lynn Cook

Les forces irakiennes ont lancé dans la nuit de dimanche à lundi une offensive pour reprendre Mossoul, deuxième ville du pays, aux mains de Daech depuis juin 2014.

Aux alentours de la ville, les forces kurdes appuyées par les frappes aériennes de la coalition internationale dirigée par Washington avançaient jeudi dans des véhicules blindés et ont abattu deux drones utilisés par l'EI pour des missions de reconnaissance.

Selon un général américain de cette coalition, Gary Volesky, "des responsables (de l'EI) ont quitté" la ville et ce sont des jihadistes étrangers "qui resteront et combattront" à Mossoul. Selon des estimations, 3000 à 4 500 membres de Daesh seraient retranchés dans Mossoul.

Dans une déclaration publiée lundi soir, les peshmergas annoncent que l'opération leur a permis de prendre le contrôle "d'une portion importante" de la route de 80 km entre Erbil, capitale du Kurdistan irakien autonome à l'est, et Mossoul.

A Moscou, le chef d'état-major de l'armée russe a prévenu que l'offensive sur Mossoul ne devait pas avoir pour effet de "chasser les terroristes" de l'EI d'Irak vers la Syrie, où la Russie soutient militairement le régime de Bachar al-Assad. "Il y a encore beaucoup de mouvements à faire avant d'entrer" dans la ville, a indiqué le capitaine de vaisseau Davis.

Il a fait état d'une hausse des prix depuis le début de l'opération, de même que le taux de change, avec un dollar s'échangeant à 1600 dinars irakien au marché noir contre 1400 la semaine dernière. De nombreuses voix se sont inquiétées de représailles et d'exactions une fois la ville reprise, comme cela avait été le cas à Fallouja, autre fief de l'EI repris en juin par les forces irakiennes. " Et nous avons donc conçu des plans et des infrastructures pour faire face à la crise humanitaire potentielle, aussi élaborés que les plans militaires ", a-t-il dit. Aux abords de Mossoul, une journaliste partage des photos de l'offensive sur Twitter.

"Nous avons soulevé des drapeaux blancs et nous sommes dirigés vers (les forces de sécurité irakiennes), a déclaré Abou Hussein". Comme d'autres villes chrétiennes, elle a été prise durant l'été 2014 par l'EI dans la province septentrionale de Ninive, dont Mossoul est le chef-lieu. Abou Abdallah, un villageois, a demandé à un policer une cigarette, également bannie sous le règne du groupe EI. Fumer aussi était banni.

Des commandants irakiens ont affirmé que les combattants de l'EI ripostaient avec des attentats suicide, mais que les forces gouvernementales progressaient sur les deux fronts de l'offensive. Les Etats-Unis ont déclaré que les jihadistes de l'EI retenaient les civils "contre leur gré" et s'en servaient comme "boucliers humains".

Environ 200 000 personnes pourraient être déplacées "dans les deux premières semaines", un chiffre susceptible d'augmenter de façon significative au fur et à mesure de l'avancée de l'offensive, selon l'ONU. Quelque 1,5 million de personnes vivent encore dans la ville et plusieurs organisations humanitaires ont réclamé l'instauration de couloirs sécurisés pour que les civils puissent fuir les combats.

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