L'OMS craint une forte épidémie de choléra — Haïti

14 Octobre, 2016, 07:00 | Auteur: Lynn Cook

"Nous souhaitons qu'Haïti puisse surmonter les conséquences de l'ouragan le plus vite possible, reconstruire ses maisons au plus tôt, achever graduellement la transition politique et s'engager sur la voie de la stabilité et du développement", a-t-il indiqué lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à Haïti. Plus de deux millions de personnes ont été affectées par l'ouragan Matthew dans ce pays pauvre des Caraïbes. Un scrutin qui s'était tenu il y a un an avait été annulé à cause de violences et de fraudes massives. Des membres du Conseil ont néanmoins estimé que le projet de réduction de la mission -qui compte 6.000 personnes pour l'instant- ne doit pas être suspendu pendant trop longtemps.

Liu Jieyi, ambassadeur de la Chine auprès de l'ONU, a appelé mardi la communauté internationale à fournir à Haïti une aide humanitaire après le passage dévastateur de l'ouragan Matthew, en priorité des soins de santé et l'assainissement de l'eau, afin d'empêcher l'éclatement du choléra et autres maladies infectieuses.

"Ce que j'ai constaté de visu à travers les trois survols que j'ai fait, c'est un véritable désastre écologique dans le département de la Grande Anse", a déclaré mardi Jocelerme Privert à plusieurs médias étrangers, dont l'AFP.

L'ouragan a surtout fait des victimes dans les départements du sud-ouest: la Grand'Anse, les Nippes et le Sud.

Le bilan se situe à 473 morts, mais pourrait encore s'alourdir, selon les autorités locales. Il y a l'action de court terme: les gens qui sont dans les abris, il faut les nourrir.

Au total, 200 cas suspects de choléra ont été recensés dans le pays. "Il faut leur donner des médicaments pour éviter cette propagation du choléra", a affirmé M. Privert. Le passage de l'ouragan fait crainte une hausse de l'épidémie de choléra qui ravage déjà le pays depuis le séisme de 2010, " en raison des dégâts causés aux réseaux d'eau et des inondations toujours en cours ".

Le président provisoire a assuré que les populations sinistrées allaient recevoir de l'aide mais, dans le même temps, il a affirmé ne pas vouloir pérenniser l'assistance humanitaire.

Mais " si nous persistons à apporter de l'aide alimentaire urgente aux personnes victimes, sans prendre des mesures pour les recapitaliser, pour qu'il y ait une circulation d'argent dans les régions affectées, le risque d'un exode vers les grandes villes est toujours là ", a-t-il prévenu.

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