Salah Abdeslam se mure dans le silence, ses avocats renoncent — Terrorisme

13 Octobre, 2016, 01:09 | Auteur: Sandy Vega

On n'est pas là pour se taire, on ne peut pas rester à côté de lui sans rien dire. "Mais quel dommage", expliquent-ils.

Les avocats de Salah Abdeslam, mis à l'isolement à Fleury et muré dans le silence, ont renoncé à assurer sa défense juridique. En effet, le Belge Sven Mary et le Français Frank Berton, ont annoncé à nos confrères de BFM TV qu'ils renonçaient à le défendre.

"Cette décision n'est pas celle qu'on voulait prendre au départ", regrette Sven Mary. Nous avons prévenu, je l'ai dit depuis le premier jour, si mon client reste muet, nous quitterons sa défense. Et de déplorer: "J'ai le sentiment d'un immense gâchis." .

Lorsqu'il avait été arrêté et remis aux autorités françaises en avril dernier, Franck Berton décrivait Salah Abdeslam comme "désireux de s'expliquer au plus vite devant la justice française". Quand on scrute vos faits et gestes même la nuit, vous devenez dingue.

Frank Berton a dénoncé une décision politique et non juridique pour justifier la surveillance permanente du jeune terroriste. Un dispositif de sécurité qu'il avait tenté de faire suspendre devant le Conseil d'État fin juillet, en vain. Car Salah Abdeslam, seul membre connu des commandos djihadistes du 13 novembre 2015, ne veut plus parler. Chaque fois qu'il est présenté devant le juge d'instruction, il invoque son droit au silence.

Dans l'Obs, l'avocat belge estime que les conditions de détention du djihadiste "relèvent de la torture psychologique".

Salah Abdeslam, le prisonnier le plus célèbre et le plus surveillé de France ne parlera pas. Mais le pouvoir politique a choisi de répondre à une attente populiste en le traitant comme tel, en l'épiant comme un rat dans sa cage.

"Je vous le dis, la prison est en train de transformer Salah Abdeslam en bête sauvage".

Les deux hommes en ont conscience, leur client ne souhaite pas briser le silence.

Dans le cas d'Abdeslam, cette démarche sera entamée bien en amont de l'audience, au vu des dizaines de milliers de pages du dossier. Frank Berton explique: "Je pense qu'il n'aura pas d'autre avocat". Il n'en a plus envie. "Salah Abdeslam abandonne. C'est comme un suicide, je le crains", a-t-il ajouté en décrivant un homme "qui sombre psychologiquement" et s'est radicalisé "de manière extrême".

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