Elections législatives au Maroc : les islamistes vainqueurs

10 Octobre, 2016, 01:44 | Auteur: Lynn Cook

Dès le 7 octobre au soir, le premier ministre marocain Abdelilah Benkirane saluait " un jour de joie pour les Marocains ". " C'est un vote d'adhésion dans la mesure où, durant la campagne, le débat a porté sur le bilan du gouvernement depuis cinq ans, analyse Mustapha Sehimi, politologue. C'est aussi le seul parti qui a fait le plein parmi ses électeurs potentiels". Et pourtant, Abdelilah Benkirane et son Parti de la justice et du développement (PJD) ont remporté les élections législatives, obtenant 125 sièges, contre 102 pour leur principal concurrent, le PAM (Parti authenticité et modernité), qui a les faveurs du cabinet royal.

Le Parti de l'Istiqlal (PI) s'est retrouvé avec 46 sièges, dont 35 sièges au titre des circonscriptions locales, et 11 pour la circonscription nationale, suivi du Rassemblement National des Indépendants (RNI) avec respectivement 37 sièges, du Mouvement populaire (MP) 27 sièges et de l'Union Constitutionnelle (UC) avec 19 sièges. "Le peuple marocain a récompensé le PJD pour le travail que nous avons fait dans notre mandat précédent", a-t-il dit.

"La nouvelle carte politique du pays qui se profile à travers les résultats du scrutin montre une structure politique bipolaire PJD-PAM, une plus nette différenciation du poids de chaque parti et des mutations explicites du paysage social et politique du pays", analyse le président de l'Université Sidi Mohammed Ben Abdellah de Fès, Omar Assobhei, dans une déclaration à la MAP. Le roi, qui détient encore les rênes du pouvoir, choisit un Premier ministre issu des rangs du parti vainqueur des élections. Le parti bénéficie d'un bilan perçu comme positif et de sa réputation d'honnêteté.

Le taux de participation provisoire a atteint 43% contre 45% en 2011. Le PJD va cependant maintenant devoir tendre la main aux autres partis pour former un gouvernement de coalition, parce que le système multi-partis instauré dans le Royaume fait qu'il est impossible pour un parti politique de remporter une majorité absolue.

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