L'armée de Bachar al-Assad annonce la fin de la trêve — Syrie

25 Septembre, 2016, 01:43 | Auteur: Lynn Cook
  • Des Syriens au milieu des décombres du quartier pro-régime de Karm al Jabal ciblé par une frappe aérienne le 18 septembre 2016 à Alep

Au total, au moins 36 civils ont été tués dans cette ville martyre du nord de la Syrie et sa province lors de "raids intensifs" dans la soirée, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), quelques heures après l'annonce par l'armée de Damas de la "fin" de la trêve des combats qui avait été décidée le 9 septembre par un accord entre les Etats-Unis et la Russie.

L'OSDH a dans un premier temps parlé de 12 morts mais ce bilan a été revu à la hausse par le Croissant-Rouge, qui parle d'"environ 20 civils" tués. Au moins 12 humanitaires du Croissant-Rouge et leurs 14 conducteurs ont été tués dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 septembre.

Selon un habitant contacté par Reuters par téléphone, les camions d'aide ont été atteints par cinq missiles alors qu'ils stationnaient dans un centre appartenant au Croissant-Rouge syrien, à Ourm al Koubra, à l'ouest d'Alep.

"Le plus important c'est que les Russes contrôlent Assad qui de toute évidence bombarde indistinctement, y compris des convois humanitaires".

"Je dis à ses soutiens étrangers, que chacun connaît ici, qu'ils doivent forcer la paix, sinon ils porteront avec le régime la responsabilité de la partition et du chaos", a quant à lui lancé François Hollande à l'Onu.

"Les forces gouvernementales mènent actuellement des combats féroces" pour repousser les jihadistes, selon un communiqué relayé par les agences officielles russes.

Les Etats-Unis ont mis en garde la Russie lundi après ces frappes.

L'armée annonce une offensive dans la partie rebelle d'Alep — Syrie
La ville est divisée depuis 2012 entre des quartiers ouest contrôlés par le régime et des quartiers est rebelles. En représailles, la station de pompage, située dans l'est, qui alimente l'ouest de la ville a été arrêtée.


La réunion "évaluera (.) l'état de l'accord conclu entre les Etats-Unis et la Russie il y a une semaine, où nous sommes et quelles sont les prochaines mesures à prendre", a précisé le porte-parole du département d'Etat Mark Toner.

L'une des grandes difficultés pour instaurer un cessez-le-feu en Syrie, réside dans la question même du cessez-le-feu. Le chef de la diplomatie américaine John Kerry avait pourtant assuré hier vouloir encore croire au maintien de la trêve.

Devant l'Assemblée générale de l'Onu, Ban Ki-moon a de son côté haussé le ton contre le régime de Bachar al Assad, qu'il a accusé d'avoir tué le plus grand nombre de civils depuis le début du conflit. La trêve "devait être une réelle opportunité d'arrêter l'effusion de sang, mais les groupes armés terroristes ont méprisé cet accord", a indiqué l'armée syrienne qui accuse les groupes rebelles d'avoir violé plus de 300 fois en une semaine le cessez-le-feu à travers le pays. Moscou a répertorié "302" violations de la trêve par les rebelles. Les rebelles et l'opposition n'avaient pas formellement approuvé l'accord russo-américain, dont ils critiquaient l'absence de garanties.

Le ministère russe de la Défense a déclaré que la trêve n'avait été observée dimanche dernier que par l'armée syrienne, alors que les combattants de l'opposition l'ont violée à maintes reprises. Mais Damas a rejeté cette explication en dénonçant un raid " délibéré " selon la conseillère du président Assad, Bouthaina Chaabane.

La coalition internationale - menée par les États-Unis - a reconnu avoir frappé par erreur l'armée syrienne dans l'est du pays, quelques jours avant l'attaque du convoi d'aide humanitaire près d'Alep.

" Tous les convois sont suspendus en attendant une nouvelle évaluation de la situation sécuritaire " en Syrie, a déclaré à Genève le porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Jens Laerke.

L'armée russe enquête sur les " informations " concernant un convoi humanitaire de l'ONU touché par un raid aérien lundi après la " fin " de la trêve en Syrie, a indiqué mardi le Kremlin.

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