Un sursis de 10 jours pour le site d'Alstom — Belfort

20 Septembre, 2016, 04:00 | Auteur: Lynn Cook
  • Des salariés d'Alstom le 13 septembre 2016 lors d'une assemblée générale contre la fermeture du site à Belfort

Nouvel acte dans la mobilisation générale autour d'Alstom Transport à Belfort.

Le groupe avait annoncé dans un communiqué que la production des trains de son usine de Belfort allait être "transférée" d'ici à 2018 à Reichshoffen, dans le Bas-Rhin.

A l'approche du scrutin présidentiel, le gouvernement socialiste, déjà critiqué pour ne pas avoir fait assez contre la désindustrialisation de la France, a engagé des discussions tous azimuts pour tenter d'empêcher la fermeture de l'usine. Des "gens sérieux, que je connais (.) Ils savaient et ont dûment informé leur ministre, et donc le président de la République et le Premier ministre, des menaces qui planaient sur Belfort", a expliqué Arnaud Montebourg. " Les bras m'en tombent ", se désole le sénateur LR Cédric Perrin dans un communiqué, auquel il associe ses collègues parlementaires du Territoire de Belfort, les députés Damien Meslot (LR) et Michel Zumkeller (UDI). "Cette décision a considérablement fragilisé les sites de production d'Alstom Transport et ses milliers d'emplois", est-il écrit.

François Hollande et Edouard Martin (CFDT) réconciliés à Florange.

Pour l'achat de TGV vers l'Italie, le gouvernement semble décidé à imposer ses priorités à la SNCF qui "appartient aux Français, pas aux syndicats ni à la direction", a indiqué M. Vidalies. "On attend une commande publique qui puisse nous sauver". Des dirigeants, qui espèrent que la SNCF les sortira d'une crise potentiellement explosive, à huit mois de la présidentielle, en commandant des TGV.

"Je trouve assez incompréhensible que la direction n'ait pas attendu d'avoir l'ensemble de ces éléments avant de donner sa position", a ajouté Alain Vidalies, qui a énuméré cinq pistes.

Le gouvernement propose entre autres solutions pour relancer les activités du site de Belfort, le rachat par la SNCF de six rames et douze locomotives pour le train Paris-Turin-Milan. De retour dans la cité du lion, ce mercredi 14 septembre, il a revêtu cette fois-ci le costume de candidat à la présidentielle 2017 pour rencontrer les représentants des quatre organisations syndicales du site Asltom Transport. Selon les chiffres de la police, près de 2.000 manifestants au total déambulent depuis 10h dans les rues de Belfort.

La RATP a lancé un appel d'offre pour 12 motrices de chantier, afin de remplacer du matériel vieux de 40 ans. L'Etat, qui dispose de 20% des droits de vote au conseil d'administration d'Alstom, cherche notamment des acteurs capables de passer des commandes en France.

La manifestation contre la loi travail prévue ce jeudi prend à Belfort des allures de mobilisation en faveur des salariés d'Alstom. De son côté, la présidente PS du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay (PS), a dit à l'AFP, à l'issue de sa rencontre à Paris avec le PDG d'Alstom, en compagnie d'autres élus franc-comtois: "maintenant il faut laisser du temps au temps pour la négociation (.) Ce n'est pas en 48 heures qu'on aura une réponse".

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