Trêve en sursis après des raids contre l'armée et sur Alep — Syrie

20 Septembre, 2016, 04:09 | Auteur: Lynn Cook
  • Des bâtiments détruits dans le quartier de Juret al Shayah à Homs aux mains des forces du régime le 19 septembre 2016

Le Pentagone a déclaré samedi qu'une frappe aérienne de la coalition menée par les Etats-Unis contre l'Etat islamique (EI) pouvait avoir touché par erreur les forces gouvernementales syriennes.

Une semaine après son entrée en vigueur, le ton devient de plus en plus aigre entre les parties prenantes de l'accord, et le président syrien Bachar al-Assad a accusé les Etats-Unis d'avoir commis une "agression flagrante" en menant samedi un raid contre son armée à Deir Ezzor, dans l'est de la Syrie.

La Russie a de son côté précisé que "des avions de la coalition internationale antidjihadistes ont mené aujourd'hui quatre frappes aériennes contre les forces syriennes encerclées par l'EI près de l'aérodrome de Deir Ezzor".

"62 soldats syriens ont été tués et une centaine ont été blessés dans ces frappes", a ajouté l'armée russe.

La trêve se termine en principe lundi à 19H00 (16H00 GMT), a indiqué à l'AFP une source militaire syrienne de haut niveau.

Elle a accusé les groupes rebelles de "n'avoir pas respecté une seule disposition" de l'accord conclu entre les Etats-Unis et la Russie.

La coalition internationale a reconnu avoir bombardé ce qu'elle pensait être une position de l'EI, avant de mettre fin à l'opération dès que Moscou l'a prévenue qu'il s'agissait de troupes syriennes.

La Syrie connaissait lundi une journée cruciale car la trêve arrive à échéance dans la soirée, mais la Russie, qui l'a initiée avec les États-Unis, a douché les espoirs d'une éventuelle prolongation.

La province de Deir Ezzor est tenue par Daesh qui contrôle aussi la majorité de la capitale provinciale éponyme, à l'exception de l'aéroport militaire et de quartiers aux alentours aux mains du régime.

Selon l'OSDH, au moins 80 soldats syriens ont été tués.

Mais dans certaines zones, les rebelles sont alliés au Front Fateh al-Cham.

Les 250.000 habitants des quartiers rebelles de la métropole d'Alep dans le nord de la Syrie n'ont ainsi toujours pas reçu l'aide promise alors qu'ils manquent de tout depuis qu'ils sont assiégés par les forces du régime syrien.

La Russie a ensuite porté l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU, qui s'est réuni en urgence samedi soir. Faute de garanties de sécurité suffisantes, des camions de l'ONU remplis de nourriture et de médicaments restaient bloqués dans une zone tampon à la frontière turque.

La guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression sanglante de manifestations prodémocratie. La trêve, qui ne s'applique pas aux frappes visant Daech, a déjà fait l'objet de disputes entre Washington et Moscou, qui s'accusent de ne pas la respecter entièrement. Elle s'est complexifiée au fil des ans et implique maintenant une multitude d'acteurs syriens et internationaux ainsi que des groupes jihadistes. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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