Raid américain en Syrie: une " agression flagrante ", accuse Assad

20 Septembre, 2016, 04:05 | Auteur: Lynn Cook

Les négociations entre les Etats-Unis et la Russie, principal soutien du régime de Bachar al-Assad, avait débouché lundi 12 sur un cessez-le-feu de sept jours qui devait prendre fin dimanche 18 avant d'être prolongée jusqu'à ce lundi 18 heure.

Les raids incessants ont visé plusieurs quartiers rebelles dans l'est de la ville, a rapporté ce correspondant.

L'armée syrienne a déclaré lundi la " fin " de la trêve des combats initiée il y a une semaine par les États-Unis et la Russie, qui s'accusent mutuellement de l'échec de cette énième tentative pour mettre fin au conflit.

Mais, à l'approche de l'échéance, la Russie menait la charge contre les Etats-Unis et ses alliés sur le terrain.

Le général Sergueï Roudskoï a ainsi estimé que "compte tenu du fait que les rebelles ne respectent pas le régime de cessez-le-feu, son respect unilatéral par les forces gouvernementales syriennes n'a pas de sens". Moscou a répetorié "302" violations de la trêve par les rebelles. Ce texte accuse les groupes rebelles de "n'avoir pas respecté une seule disposition" de l'accord.

"Plus important, l'opposition modérée n'a pas pris ses distances avec le Front al-Nosra", a ajouté le général russe.

L'armée de Bachar al Assad accuse les "groupes terroristes", terme utilisé pour décrire tous les opposants qui la combattent, de n'avoir respecté aucun des engagements contenus dans l'accord russo-américain et d'avoir profité de la cessation des hostilités pour se réarmer.

L'accord pourrait "être la dernière chance de sauver" la Syrie, déclare le secrétaire d'Etat américain John Kerry, quelques heures après l'entrée en vigueur de la trêve. Selon le communiqué de l'armée, les rebelles auraient violé le cessez-le-feu à 300 reprises. "Attendons", a-t-il répondu aux journalistes qui l'interrogeaient sur une prolongation du cessez-le-feu.

Le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault a condamné "avec la plus grande fermeté" ces raids, depuis New-York où il assiste à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le 17 septembre, des frappes de la coalition conduite par les États-Unis contre des positions de l'armée syrienne dans la région de Deir Ezzor (est) font au moins 90 morts.

La coalition a affirmé que ce bombardement était une erreur de cible puisqu'elle croyait viser des jihadistes du groupe Etat islamique (EI), présents dans la zone. Dans le secteur rebelle d'Alep, un enfant a été tué par des tirs dans le quartier de Layaramon et 6 personnes ont été blessées à Boustane al-Qasr. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) a confirmé les bombardements dans le sud de la ville.

En outre de violents accrochages ont eu lieu lundi à Jobar, un quartier périphérique de l'est de Damas.

Le bilan des violences s'établit ainsi à onze morts dimanche, soit la journée la plus sanglante pour les civils depuis le début de la trêve, selon l'OSDH.

Un dirigeant de l'opposition a déploré lundi que le but premier de la trêve - à savoir, l'ouverture de couloirs humanitaires à destination d'Alep - ait échoué.

"Nous sommes bien sûr frustrés par le fait qu'il n'y ait aucun progrès concernant Alep", a déclaré à l'AFP David Swanson, un porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Ces camions faisaient partie d'un convoi de 31 véhicules de l'ONU et du Croissant rouge syrien, a précisé le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric.

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