Plus d'un quart de rigoristes, une majorité de laïcs — Musulmans de France

20 Septembre, 2016, 03:56 | Auteur: Lynn Cook
  • Plus d'un quart de rigoristes, une majorité de laïcs — Musulmans de France

Cette étude "inédite" de l'Ifop a été réalisée pour le compte de l'Institut Montaigne, "think tank" d'obédience libérale, alors que la vague d'attentats djihadistes depuis 2015 et l'approche de l'élection présidentielle enflamment les débats sur la place de l'islam en France. Si 65 % des musulmans - de religion ou de culture - se déclarent favorables au port du voile, et 24 % au principe du port du voile intégral, la pratique sociale la plus répandue reste pourtant le non-port du voile. L'Ifop dit avoir a eu recours à un échantillon national représentatif de plus de 15.459 individus âgés de 15 ans et plus, dont a été extrait un sous-échantillon de 1.029 personnes de religion ou de culture musulmanes.

L'Institut Montaigne définit dans le rapport trois profils de musulmans français: le premier est la majorité silencieuse (46%) composée de personnes "soit totalement sécularisées, soit en train d'achever leur intégration", qui sont souvent pratiquantes mais "sans conflit majeur avec les normes de la société française". Les jeunes, les moins insérés dans l'emploi et les convertis sont les plus disposés à adhérer à ce modèle.

"L'enquête de l'Ifop profite de l'ambiguïté sur la légalité des résultats d'études faisant apparaître, directement ou indirectement, les origines " raciales " ou " ethniques", ainsi que les appartenances religieuses des personnes. Contrairement aux idées reçues, les musulmans seraient moins nombreux qu'on ne le dit: l'enquête les estime entre 3 et 4 millions, soit 5,6 % de la population métropolitaine de plus de 15 ans, mais représentant plus de 10 % chez les moins de 25 ans.

Cependant, une écrasante majorité des musulmans interrogés ne refusent pas la mixité, acceptant de se faire soigner par un médecin (92,5%) ou de serrer la main d'une personne (88%) du sexe opposé. Qu'ils soient "intégrés" ou pas, 70% des musulmans déclarent qu'ils mangent toujours halal. Pour lui, en dehors de ce chiffre, "d'après ce que dit ce sondage et cette réflexion, il y a une volonté des musulmans de calmer les choses". L'auteur du rapport, Hakim El Karoui, souligne, par exemple, que les "problèmes essentiels [des musulmans] sont économiques et sociaux bien avant d'être religieux ou identitaires". Des pistes ont été données, comme la nomination d'un " grand imam de France" pour exprimer une doctrine républicaine, la création d'un secrétariat d'État aux affaires religieuses et à la laïcité, ou encore un enseignement renforcé de l'arabe à l'école publique pour éviter l'apprentissage dans les mosquées. "La quasi-totalité des musulmans de France sont très très attachés à leur pays, aux valeurs de la République".

Autre candidat à la primaire, François Fillon a relevé au "Grand rendez-vous" Europe1/iTELE/Les Échos "une sorte de dynamique en faveur de la radicalisation", militant en faveur de "statistiques pour pouvoir avoir les moyens de traiter un sujet qui est celui de l'islam radical". Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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