Les exportations vont reprendre dans le Croissant Pétrolier — Libye

20 Septembre, 2016, 03:20 | Auteur: Aubrey Nash
  • Les exportations vont reprendre dans le Croissant Pétrolier — Libye

" Nous avons attaqué al-Sedra et Ras Lanouf et les forces de (Khalifa) Haftar tentent de nous cibler avec leurs avions", a indiqué à l'AFP Ali al-Hassi, un porte-parole des GIP rapporté par le journal français Le Parisien.

Les Etats-Unis, la France et quatre autres pays (Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni) avaient exigé lundi le retrait des forces du général Haftar des terminaux pétroliers dont elles avaient expulsé les troupes fidèles au gouvernement d'entente nationale du Premier ministre Fayez Seraj, reconnu par les Nations unies.

Huit enfants parmi les trente-six personnes qui ont péri dans l'attentat-suicide perpétré vendredi dans une mosquée dans le nord-ouest du Pakistan, selon un nouveau bilan communiqué dimanche par les autorités.

Le GNA tablait sur une reprise des exportations pétrolières pour renflouer les caisses de l'État, améliorer les services publics et tenter ainsi d'asseoir une légitimité chancelante.

Les forces du maréchal Haftar ont "pris le contrôle de tous les terminaux et les combats ont cessé", a-t-il poursuivi.

Ces ports étaient jusqu'à récemment contrôlés par les GIP, une milice de l'Est ayant prêté allégeance au gouvernement d'union basé à Tripoli et reconnu par le communauté internationale.

Si l'ONU a appuyé la formation à Tripoli du Gouvernement d'union nationale (GUN) afin de restaurer stabilité et continuité politique en Libye - et, notamment, de lutter à la fois contre les avancées de Daesh et l'émigration clandestine - elle ne peut que constater sa difficulté à imposer son autorité sur l'ensemble du territoire. Le fait que les milices des GIP l'aient rejoint avait semblé un pas important pour réaliser cet objectif.

La Compagnie nationale du pétrole (NOC) avait alors annoncé qu'elle allait bientôt reprendre les exportations du brut après la fermeture des ports pendant près de deux en raison des affrontements entre factions armées rivales.

La prise des terminaux pourrait constituer, pour le général Haftar, un moyen de pression sur l'ONU pour qu'elle amende, avec le GNA, l'accord de 2015 et intègre ainsi ce général dans le jeu politique.

La NOC a en outre affirmé qu'elle restait loyale au GNA soutenu par l'ONU et qui siège à Tripoli, tout en ajoutant qu'elle appliquait "les instructions données par le Parlement" basé dans l'Est et qui soutient les autorités parallèles.

En cas de reprise des exportations, la grande question sera de savoir à qui iront les recettes collectées: au GNA de Tripoli ou aux autorités de l'Est?

Mis devant le fait accompli, l'envoyé spécial des USA en Libye, Jonathan Winer, a déclaré à l'AFP qu'il soutenait cette reprise des exportations à la condition que les ventes s'effectuent via la banque centrale libyenne.

Dans un pays sous la coupe de puissantes milices, qui obéissent à leurs propres intérêts -qu'ils soient d'ordre idéologique, tribal ou financier-, les alliances peuvent basculer.

La compagnie pétrolière a exhorté les combattants à ne pas endommager des infrastructures "dont dépend notre nation pour se redresser".

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