Le parti de Vladimir Poutine remporte largement les élections législatives — Russie

20 Septembre, 2016, 04:19 | Auteur: Lynn Cook
  • Heurts entre policiers et manifestants à Moscou le 24 février 2014 lors d'une rassemblement organisé pour dénoncer les sentences du tribunal à l'encontre de ceux qui avaient protesté contre les fraudes en 2012

Selon la Commission électorale, seulement 47,8% des électeurs ont voté, contre 60% lors des législatives de décembre 2011.

Il est encore trop tôt, compte tenu de la complexité du mode de scrutin, pour dire si le parti Russie unie aura la majorité absolue à la Douma.

Avec plus des deux tiers des députés, le Kremlin aurait un contrôle sans précédent de la Douma et pourrait faire adopter encore plus facilement des révisions constitutionnelles. Il est suivi par deux partis soutenant l'essentiel des décisions du gouvernement: le Parti communiste et les nationalistes de la LDPR. Selon un bilan provisoire, le parti au pouvoire arrive en tête avec 54,2% des voix.

A contrario, les opposants libéraux de Parnas ne réunissent qu'un très symbolique 0,66% après une campagne où ils ont comme de coutume été moqués par les télévisions d'Etat et boudés par les électeurs.

Les Etats-Unis ont estimé que l'opposition avait été sérieusement désavantagée du fait des restrictions imposées à la liberté d'expression et des obstacles dressés pour l'enregistrement des partis et des candidats.

Dans un pays en récession depuis dix-huit mois, la campagne électorale aura été particulièrement morne. "Il faisait froid et il pleuvait à Moscou", a rappelé le chef de la Commission électorale moscovite pour justifier le faible taux de participation dans la capitale.

La mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a jugé de son côté que les élections n'avaient pas été à la hauteur des normes démocratiques.

Contrairement aux élections législatives de septembre 2011, marquées par des fraudes et à la suite desquelles des centaines de milliers de manifestants étaient descendus dans la rue, le Kremlin avait voulu cette fois donner plus de transparence au processus électoral. Golos a dénoncé entre autres la formation de commissions électorales régionales soumises aux autorités locales, des électeurs amenés en bus d'un bureau de vote à l'autre pour voter plusieurs fois et des bourrages d'urnes enregistrés par des caméras vidéo, dans une vingtaine de régions, de Kaliningrad à l'ouest, à Krasnoïarsk, en Sibérie.

Malgré quelques cas de fraude signalés, la Commission électorale a assuré que les élections se sont déroulées " de manière tout à fait légitime ".

Ce scrutin se déroule pourtant dans un contexte exceptionnel: mise en difficulté par la chute du prix des hydrocarbures, qui représente une part importante de ses revenus budgétaires, et par les sanctions occidentales décrétées à la suite de la crise ukrainienne, la Russie a plongé fin 2014 dans une crise monétaire, suivie de la plus longue récession pour le pays depuis l'arrivée sur le devant de la scène de Vladimir Poutine en 1999.

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