La coalition internationale frappe l'armée syrienne par erreur, au moins 60 morts

20 Septembre, 2016, 03:14 | Auteur: Lynn Cook

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a discuté de l'application de la trêve avec le secrétaire d'Etat américain John Kerry en souhaitant que les militaires américains soient pleinement impliqués dans la surveillance du cessez-le-feu.

Cette trêve avait déjà été mise à mal vendredi avec de violents combats et des civils tués dans des bombardements alors que l'aide humanitaire qui devait être livrée à des villes assiégées n'a pas pu être acheminée, Moscou et Washington se rejetant mutuellement la responsabilité des accrocs à ce cessez-le-feu. Au moins 80 soldats syriens ont été tués dans des frappes aériennes contre une de leur position sur le Jabal Therdeh, au sud de l'aéroport de Deir Ezzor (est), a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), après un premier bilan qui faisait état de 30 soldats tués. Alors que Damas et Moscou accusent la coalition internationale menée par Washington d'avoir tué des dizaines de soldats syriens, le commandement des forces américaines au Moyen-Orient (Centcom) a reconnu ce samedi soir qu'elle pourrait avoir bombardé involontairement l'armée syrienne.

La Russie a ensuite accusé "l'opposition modérée" en Syrie d'avoir fait échouer la trêve en Syrie.

La province de Deir Ezzor est tenue par l'EI qui contrôle aussi la majorité de la capitale provinciale éponyme, à l'exception de l'aéroport militaire et de quartiers aux alentours aux mains du régime. Dans les monts Qalamoun au nord-est de Damas, des affrontements opposaient l'EI aux djihadistes rivaux du Front Fateh al Cham, ancienne branche syrienne d'Al Qaïda.

L'organe de propagande de l'EI, Amaq, a indiqué tard samedi dans un communiqué que les djihadistes avaient pris "le contrôle totale du Jabal Therdeh qui surplombe l'aéroport de Deir Ezzor".

Mais dans certaines zones, les rebelles sont alliés au Front Fateh al-Cham et Moscou reproche aux Etats-Unis de ne pas faire assez pression pour que les insurgés se désolidarisent des jihadistes.

Le ministère russe de la Défense a également informé les Etats-Unis d'un "important groupement des militants armés dans le nord de la province de Hama (centre) et de leurs éventuelles tentatives de lancer une offensive".

"C'est à cause des difficultés qu'ils rencontrent (.), pour faire la différence entre les composantes légitimes de l'opposition et les demi-criminels (.) Mais nous sommes plus positifs que négatifs et espérons que les promesses (des Américains) seront tenues", a ajouté le président russe.

"Une partie (la Russie) qui mène la guerre contre un peuple ne peut pas essayer d'obtenir une trêve et il n'est pas non plus possible qu'elle parraine cet accord alors qu'elle bombarde jour et nuit, tandis que, de l'autre côté, l'autre partie - à savoir les Etats-Unis - est spectatrice", a-t-il poursuivi.

Les 250.000 habitants des quartiers rebelles d'Alep n'ont ainsi toujours pas reçu l'aide promise alors qu'ils manquent de tout depuis qu'ils sont assiégés par les forces du régime syrien. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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