Des manifestants de l'opposition gazés par la police ce lundi — RDC

20 Septembre, 2016, 03:30 | Auteur: Lynn Cook
  • Des manifestants de l'opposition gazés par la police ce lundi — RDC

Deux policiers ont été tués lundi à Kinshasa dans des violences survenues avant une manifestation d'opposition hostile au président congolais Joseph Kabila et ayant poussé les autorité à annuler ce rassemblement, a-t-on appris de source officielle. Ban Ki-moon a exprimé "sa profonde préoccupation concernant les affrontements violents" entre manifestants et forces de l'ordre à Kinshasa et dans plusieurs autres localités en RDC.

On avait alors dénombré plusieurs dizaines de personnes tuées en trois jours.

"Pour l'instant nous pouvons dire que le bilan provisoire est de 7 morts, 57 blessés graves dont deux députés nationaux et 30 personnes arrêtées", a déclaré Georges Kampiamba, coordonnateur de l'Association congolaise pour l'accès à la Justice (ACAJ). Un peu plus tard dans la journée, le ministre de l'Intérieur, Évariste Boshab, est revenu sur ce premier bilan pour préciser que les émeutes avaient fait "17 morts " parmi les forces de l'ordre, "dont un policier brûlé vif " et "14 civils [tués] parmi les pillards ".

Les violences se sont poursuivies jusqu'en début d'après-midi. Elles ont été émaillées de pillages dans certains quartiers de la ville.

Les autorités ont déploré plusieurs pillages et incendies criminels ayant visé des permanences de formations politiques de la majorité. Très véhéments, des groupes de quelques dizaines à plusieurs centaines de jeunes ont affronté des policiers antiémeutes en lançant en français ou en lingala des "Kabila akende " (Kabila dégage!) ou "Kabila doit partir ".

Un photographe de l'AFP et une journaliste de la radio française RFI qui couvraient les événements ont été interpellés à la mi-journée par la police militaire.

Le président Kabila, qui a pris le pouvoir en 2001 après le meurtre de son père, n'a pas encore annoncé s'il briguera un nouveau mandat, bien que cela soit interdit par la Constitution.

La majeure partie de l'opposition, réunie autour d'Étienne Tshisekedi, figure historique de l'opposition en RDC, refuse de participer à ce dialogue qu'elle perçoit comme un marché de dupes destiné à prolonger illégalement Joseph Kabila à la tête du pays.

Ce forum est censé déboucher sur un "accord politique" de sortie de crise et ouvrir la voie à des élections "apaisées" mais retardées.

En marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York, le ministre français des Affaires étrangères a jugé la situation "extrêmement préoccupante et très dangereuse".

Le département d'Etat américain a exprimé une inquiétude et des recommandations similaires. Il a "condamné la violence" et a "exhorté tous les dirigeants politiques concernés et leurs partisans à s'abstenir de tout autre acte de violence susceptible d'aggraver la situation".

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