Le gouvernement "se donne 10 jours pour apporter des réponses" — Alstom

14 Septembre, 2016, 01:34 | Auteur: Sandy Vega

La veille, le chef de l'Etat avait promis d'aider à "apporter des commandes" au groupe pour maintenir le berceau historique du groupe ferroviaire.

Le constat est froid.

"Le groupe (Alstom) n'est pas dans une position fermée". De même, Michel Godet, économiste et membre de l'Académie des Technologies, souligne que "ce n'est pas le rôle d'un président de la République que d'intervenir dans la gestion et la stratégie des entreprises, d'autant qu'elles ne sont pas publiques même si dans ce cas l'Etat est actionnaire minoritaire".

La direction a fait savoir que ce message avait été écrit le week-end dernier et envoyé "pour des raisons internes" mais ne constituait pas "une réponse aux annonces du gouvernement".

La pénurie de commandes rend "aujourd'hui impossible (.) un avenir pérenne pour les activités du site de Belfort", affirme ce mardi 13 septembre le patron d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, dans un message distribué aux salariés du groupe.

L'État peut en revanche agir via des commandes.

"Je l'assure ici: tout sera fait pour que le site de Belfort puisse être pérennisé".

L'Etat a en revanche moins de prise sur les appels d'offres en cours. "Il nous a affirmé que les mails reçus ce matin par le personnel Alstom était la conséquence d'une erreur de manipulation", a confié au quotidien le syndicaliste CGT Eddie Cardot, en sortant d'une réunion avec la direction locale de l'usine. Des discussions qui doivent avoir lieu dès cette semaine.

En dépit des déclarations de François Hollande, à Belfort, on attend des actes. Ou plutôt, nuance, a engagé le gouvernement.

Les trois parlementaires réagissaient après des propos d'Alain Vidalies, secrétaire d'État aux Transports, qui a affirmé sur Europe 1 que le gouvernement n'a pas été alerté par les parlementaires. "Le gouvernement va travailler pour qu'ils soient positifs", a ajouté le secrétaire d'Etat.

Cela paraît clair comme de l'eau de source.

La RATP a lancé un appel d'offre pour 12 motrices de chantier, afin de remplacer du matériel vieux de 40 ans. Et soumis aux règles communautaires, qui ne permettent pas de favoriser les entreprises nationales.

"Mais on ne pourra pas gagner cette bataille sans la mobilisation de la population, et c'est vous". Jusqu'à la mi-2017. A l'heure où Hollande et Valls tentent de reprendre la main à coups de - bons - résultats sur le terrain économique et social, cet épisode Alstom - après le rachat de la branche énergie par General Electric en 2015 - pollue quelque peu leur fin d'été.

Il y avait urgence à éteindre le départ de feu Alstom. "Cette situation ne peut pas être inéluctable et j'exigerai du PDG d'Alstom, lors de notre entretien, des solutions allant dans le sens des annonces du Gouvernement". " Quant au PCF, il a fustigé " la loi Macron et qui sacrifie la production au bénéfice des services ". Pour le président du Sénat (LR) Gérard Larcher aussi, " la parole n'est pas tenue ".

De là à freiner l'éventuelle candidature de l'ancien ministre de l'Économie...

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