Calme relatif après le début de la trêve — Syrie

14 Septembre, 2016, 01:12 | Auteur: Lynn Cook
  • Syrie la trêve respectée mais pas d'aide humanitaire

Le régime syrien a approuvé samedi un accord russo-américain sur une trêve en Syrie, qui doit débuter lundi dans ce pays déchiré par cinq ans de guerre, mais que l'opposition syrienne a accueilli avec circonspection.

En soirée, les groupes rebelles n'avaient pas encore fait part de leur position mais l'émissaire américain pour la Syrie les a appelés à respecter l'accord de cessez-le-feu, qu'il décrit comme "le meilleur moyen" de sauver des vies.

Ce fragile répit a débuté lundi à 19H00 locales (16H00 GMT) et la nuit a été calme, selon ces sources.

Dans une lettre adressée aux groupes armés en lutte contre le pouvoir Assad, l'émissaire américain Michael Ratney appelle l'opposition syrienne à se conformer à l'accord d'arrêt des combats conclu sous la médiation des Etats-Unis et de la Russie.

Le Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les principaux représentants de l'opposition et de la rébellion syriennes, a de son côté indiqué n'avoir pas encore reçu "une copie officielle" du texte.

C'est la brutalité de la dernière bataille d'Alep, deuxième ville de Syrie, avec ses centaines de morts, qui a poussé Russes et Américains à chercher un accord pour mettre fin à l'effusion de sang et permettre l'envoi sans entraves d'aides urgentes aux centaines de milliers de personnes assiégées, notamment à Alep. Pour de nombreux observateurs, l'application de l'accord dépend avant tout de la Russie.

L'opposition se demande notamment si la Russie compte appliquer l'accord et " cesser ses bombardements et ses crimes ".

Un des points de l'accord concerne Alep, la grande ville du nord divisée entre secteurs tenus par les forces du régime dans l'ouest et quartiers contrôlés par les rebelles dans l'est.

Syrie la trêve respectée mais pas d'aide humanitaire
Des syriens fuyant les bombardements avec des bébés dans les bras le 11 septembre 2016 AFP- AMEER ALHALBI

Il prévoit pour acheminer l'aide une "démilitarisation" de la route du Castello au nord d'Alep, unique axe de ravitaillement pour les rebelles avant sa prise en juillet par le régime.

La quasi-totalité de la province d'Idleb est contrôlée depuis 2015 par une coalition de rebelles et de jihadistes, appelée "Armée de la conquête" et régulièrement visée par des raids aériens du régime et de son allié russe.

L'accord a été salué par la Turquie - qui a lancé fin août une offensive dans le nord de la Syrie contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) et les Kurdes-, par la Grande-Bretagne, la France et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Or dans plusieurs zones, les rebelles sont alliés au Front Fateh al-Cham (ex-branche d'Al-Qaïda) considéré comme "terroriste" par Washington et Moscou.

Les médias officiels syriens ont accusé des groupes rebelles de violation de la trêve à sept reprises au moins dans la ville d'Alep et dans l'ouest de la province de Homs.

"Les groupes modérés vont se réorganiser et prendre leur distance avec les groupes radicaux", a-t-elle estimé.

Un photographe de l'AFP à Idleb a vu des hommes escalader des décombres, en sandales, pour aider à l'évacuation des blessés et des habitants couverts de poussière après l'effondrement de leur immeuble.

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