Des millions de pèlerins musulmans prient sur le Mont Arafat

13 Septembre, 2016, 02:08 | Auteur: Lynn Cook
  • La Mecque les pèlerins affluent sur le Mont Arafat moment fort du hajj

La veille, les pèlerins s'étaient rassemblés sur le Mont Arafat, puis, après le coucher du soleil, avaient reflué sur la plaine de Mouzdalifa pour se préparer célébrer l'Aïd Al-Adha, marqué, par ailleurs, par le sacrifice d'un mouton.

Le grand pèlerinage (hajj) est l'un des cinq piliers de l'islam que tout fidèle est censé accomplir au moins une fois dans sa vie s'il en a les moyens.

Dans un embouteillage monstre, des milliers de pèlerins, hommes et femmes, descendent régulièrement du bus pour poursuivre le chemin à pied sur les larges axes routiers fermés pour l'occasion à la circulation et survolés par plusieurs hélicoptères.

Dans la journée, les fidèles, tout de blanc vêtus -la couleur de l' "ihram ", les deux pièces de tissu que doivent porter les hommes- s'étaient pressés vers l'imposante mosquée Namira et le Jabal al-Rahma, " le Mont de la Miséricorde " en arabe. Sous une chaleur brûlante, des camions postés à intervalles réguliers distribuaient des bouteilles d'eau aux pèlerins, qui s'aspergeaient la tête.

"J'ai l'impression de me tenir exactement en face de Dieu", dit, avec émotion, Khadem Ndyaye, un Sénégalais de 47 ans, qui effectue son premier pèlerinage.

Au lever du soleil, pour la première des cinq prières de la journée, ils étaient déjà des milliers accroupis, debout ou escaladant les marches creusées dans la rocaille sur ce mont couvert de rochers polis par le vent et le temps.

Dimanche, au plus fort du hadj, les pèlerins ont prié sur le mont Arafat. "Je me trouve dans le plus bel endroit du monde, celui où plus d'un milliard de musulmans à travers le monde rêvent d'être", poursuit-il, alors qu'autour de lui des dizaines de pèlerins reprennent en choeur les invocations traditionnelles du hajj.

Chadli Rouissi, Tunisien de 61 ans, accompagné de son épouse, avoue qu'il lui est "difficile de décrire" sa joie.

Aujourd'hui commence la lapidation de Satan, un moment à haut risque.

Il y est dit que 300 pèlerins iraniens ont causé la bousculade de l'an dernier en empruntant la direction opposée à celle qui leur avait été assignée.

Un an après la tragédie, Ryad n'a toujours pas annoncé les résultats de son enquête mais assure avoir pris cette année des mesures, en équipant notamment des pèlerins d'un bracelet électronique stockant leurs données personnelles.

Gérer les flux ininterrompus de pèlerins, organiser leur accueil, leur transport et garantir leur sécurité représentent une énorme opération logistique dont la gestion par l'Arabie saoudite est cette année scrutée de près.

Mais, pour la première fois depuis plus de 35 ans, le grand mufti, la principale autorité religieuse du pays, cheikh Abdelaziz Al al Cheikh, n'a pas prononcé le sermon principal.

En dépit de négociations, les deux puissances régionales rivales ne sont pas parvenues à trouver un accord pour l'envoi des Iraniens au pèlerinage et ont échangé cette semaine des invectives qui ont atteint un niveau inédit.

Dimanche, le responsable des affaires des lieux saints musulmans avait souligné que la sécurité "était une ligne rouge à ne pas franchir par des slogans politiques ou confessionnels", une allusion à l'Iran, accusé par Ryad de chercher à politiser le hajj.

Des centaines de milliers d'Iraniens ont convergé ce week-end vers la ville sainte chiite de Kerbala, en Irak, pour y accomplir un pèlerinage de substitution.

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