Les iraniens privés du pèlerinage à la Mecque — Religion

12 Septembre, 2016, 02:38 | Auteur: Lynn Cook

"Dès qu'ils ont posé un pied en Arabie saoudite, Abdelhadi Zuraan, 27 ans, et son épouse, deux Jordaniens installés en Corée du Sud, ont téléchargé sur leurs smartphones l'application lancée par les autorités saoudiennes pour le hajj, rapporte l'AFP".

Aujourd'hui, la Grande mosquée est climatisée et le parcours du pèlerinage qui passait par des monts escarpés est désormais facilité par des escaliers mécaniques. Avant, les pèlerins devaient prouver leur patience face aux difficultés physiques du pèlerinage " qui inclut de longues marches sous une chaleur accablante, poursuit Shahed Amanullah.

La localisation est l'une des principales préoccupations des pèlerins, explique Kamel Badawi qui depuis des décennies est volontaire pour accompagner des musulmans venus des quatre coins du monde dans la ville où il est né.

Ces bracelets de papier plastifié et comportant un code-barre lisible par téléphone intelligent fournissent l'identité, la nationalité, le lieu d'hébergement du pèlerin à La Mecque, le contact des responsables du groupe auquel il appartient, ainsi que toutes les informations enregistrées lors de l'attribution de son visa, a expliqué Issa Rawas, vice-secrétaire du ministère du hadj.

Le 24 septembre 2015, quelque 2.300 pèlerins -selon des données compilées à partir de bilans des gouvernements étrangers- y avaient péri dans une gigantesque bousculade, la pire tragédie de l'histoire du hajj.

Mais les Iraniens n'auront pas cette chance cette année, ils sont privés de l'un des cinq piliers de l'Islam. Pourtant, il a tenu à venir: " ce serait bête de ne pas aller au hajj à cause de ce qui est arrivé, la mort viendra quand ce sera mon heure ". "Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y a eu d'énormes ratés en terme d'organisation" l'an dernier, constate Jane Kinninmont, du centre d'études Chatham House à Londres.

Selon l'experte, le hajj "est une énorme opération logistique et l'Arabie saoudite sait qu'elle doit la mener avec succès en raison de son importance sur les plans religieux et économique".

Zakou Bakar, 50 ans, vient du Niger. "Je me dis qu'au moins, je suis identifié", assure ce professeur nigérien de 30 ans muni du bracelet mauve des musulmans venus de pays africains. Cette mesure le "rassure".

"L'objectif est d'équiper tous les pèlerins". Les monarchies arabes sunnites du Golfe, dont l'Arabie Saoudite est le chef de file, ont apporté leur soutien à Riyad en accusant l'Iran de chercher à "politiser" le pèlerinage.

A l'approche du hajj, la guerre des mots a enflé.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a estimé que la famille royale saoudienne "ne mérite pas de gérer les lieux saints" de l'islam alors que le grand mufti saoudien Abdel Aziz ben al-Cheikh a lancé que les Iraniens n'étaient "pas des musulmans".

L'Aid Al-Adha (Aïd el-kebir) ou la Tabaski est la deuxième grande fête de la religion musulmane après la fête de fin du jeûne.

Au-delà de la dispute sur le hajj, Téhéran et Ryad sont depuis des années engagés dans des luttes d'influence par procuration, notamment dans les conflits au Yémen et en Syrie, et s'opposent sur toutes les crises régionales.

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